samedi 10 avril 2010

En tout la Paix du Coeur !

Homélie Dimanche de la Divine Miséricorde 2010

Frères et Sœurs,

« La Paix soit avec vous ! » Oui, c’est le Christ ressuscité lui-même qui adresse cette parole, cette toute première parole, à ses disciples rassemblés dans la chambre haute dont les portes sont bien verrouillées car ils sont morts de trouille, comme on pourrait dire aujourd’hui. Les évènements se sont accélérés dans les derniers jours. Jésus, celui qu’ils avaient suivis et en qui ils avaient mis toute leur confiance, est mort sur une croix, a été mis au tombeau et… a disparu de son tombeau au matin du troisième jour. Quelques uns, dont les Saintes Femmes, commencent à répandre la nouvelle d’une résurrection. Mais quand même… Mettons nous dans la peau de ces femmes et de ces hommes. Quelle épreuve ! Quel cauchemar peut-on même dire. Ne vous est-il jamais arrivé au cœur d’une épreuve comme la maladie voir l’agonie d’un proche ; d’ouvrir un œil au matin et de vous dire : non, ce matin, je ne me lève pas. C’est trop dur. J’en ai marre de prendre des claques. Quand le cauchemar va-t-il se terminer ? Il m’est arrivé de connaitre ce sentiment. Et je pense qu’il a du être un peu celui des apôtres. La résurrection a peut être été vécu comme une épreuve supplémentaire finalement. Déjà il a fallu accepté de voir Jésus le Fils de Dieu cloué à une croix comme le plus vil des hommes, mais en plus, maintenant, le tombeau est vide ! Et voilà, notre héros du jour : Thomas. « Je ne crois que ce que je vois ». Thomas, a qui nous aurions bien envie de faire la leçon, 2000 ans plus tard. Mais mon pauvre Thomas, « Heureux celui qui croit sans avoir vu » t’a dit Jésus. Pourquoi es tu si incrédule ? Nous aurions bien tort de penser cela. Thomas est notre frère, notre « jumeau » dit son nom. Notre foi en la résurrection est-elle si évidente que cela ? Nous avons bien appris que sans Résurrection, notre foi serait vaine. Mais l’évènement est tellement étonnant, tellement éloigné de notre compréhension scientifique des choses maintenant assez naturelle, qu’il faut oser avouer que nous ne sommes pas loin d’être tous des Thomas en puissance. Qu’allait vous répondre à votre petit fils ou à un de vos ami qui vous dira tout à l’heure : « mais tu y crois encore à toutes ses sornettes ? Qu’un mort revienne à la vie et se montre à ceux qui l’entourent, c’est une belle fable ou un scénario trop classique de film d’horreur ! ». Réfléchissez un peu…Qu’allez-vous répondre ? Saint Thomas ne sera pas loin. Les disciples peureux ne seront pas loin sans doute. Hé bien, rassurez-vous ! Ce n’est pas grave ! C’est même normal ! Si la résurrection ne nous posait aucun problème, là serait le problème ! Nous devons certes y croire, y adhérer fermement, mais en acceptant de faire le chemin de Saint Thomas. D’avoir la franchise de dire « si je ne mets pas ma main, je n’y croira pas ». Autrement dit, une chose est nécessaire pour croire à la résurrection : rencontrer le Christ vivant ! Et quand celui-ci se montre à ses disciples, la première fois comme encore huit jours plus tard, il comprend bien que les cœurs sont troublés, les esprits emplis de questions. « Jésus vint. Il était là au milieu d’eux. Et il leur dit : « la paix soit avec vous ». Que votre cœur ne se trouble plus. Ma Résurrection vous apporte la paix. « En tout la paix du cœur, la joie sereine » chante t-on à Taizé. La Paix car par la Résurrection, nous est définitivement manifestée la victoire de la Vie. Sur toutes les forces de mort. Toutes. Hier, aujourd’hui et demain ! Sur toutes les forces du Mal. C’est bien pourquoi ce dimanche a été choisi pour être celui de la Divine Miséricorde. Miséricorde qui peut venir à bout de toute faute. De quoi, de qui aurai-je crainte ?

Frères et Sœurs,
Peut être sera-t-il difficile d’avancer des arguments imparables à votre contradicteur tout à l’heure. Vous pourrez quand même dire l’importance capitale de la Résurrection. Un théologien dit : «cet événement est la clé de voûte de tout l’édifice chrétien ; c’est lui qui confirme l’œuvre de Jésus dans son entier, et qui seul permet d’expliquer la formation durable de son Église. Enlevez ce fait, et nos croyances sont ébranlées jusque dans leur base, et leur ruine ne peut tarder, ruine d’autant plus désastreuse que l’édifice a été imposant et colossal.» Vous pourrez évoquer les témoignages que nous avons dans les évangiles, les Actes des Apôtres. Vous pourrez dire votre propre cheminement de foi, aussi humble mais sincère que celui de Thomas et de bien d’autres disciples après lui. Mais surtout au-delà des mots et des explications, on verra sur votre visage votre foi : par votre sourire exprimant la joie sereine de Pâques, par votre tranquille assurance que donne la « Paix du Christ ». Votre témoignage de la Résurrection sera la mise en œuvre de cette belle phrase d’un chrétien des premiers siècles : « Aime et dis-le par ta vie ! ».

Amen !

samedi 3 avril 2010

Entrez : c’est ouvert !



Entrez : c’est ouvert !
Des mots pour l’attente de Pâques 2010.

Certains veulent tout faire pour fermer la porte…Définitivement.
Car décidément, elle est trop vieille. Trop vermoulue.
Il deviendrait même dangereux de l’ouvrir.

Certains veulent mettre la clé sous la porte. Trop fatigués.
Pas assez nombreux pour la pousser. N’ayant plus la force de faire un peu de ménage.
De déblayer devant elle. D’enlever les toiles d’araignées.

Certains ferment les yeux et se bouchent les oreilles.
Ils ne veulent pas voir le rayon de lumière qui passe sous la porte.
Ils refusent d’entendre le doux bruit de la Vie qui s’échappe encore.

Pourtant, pour celui qui demande, la clé est toujours en face. Et la porte est ouverte.

La pierre est roulée. Et le tombeau ouvert.

Dans la vielle église, au centre du village, de nuit, ils viennent. Ils entrent.
Hommes et femmes, jeunes ou vieux. Riches ou pauvres. Bien portants et malades.
Un feu les réchauffe. Un, deux puis des dizaines de cœurs s’enflamment à cette espérance.
La nuit de la mort et de la souffrance s’illumine. La porte est ouverte, définitivement.
Jésus Christ a poussé la porte. Il est Vivant. Il est la Porte toujours ouverte sur la Vie sans fin.

Entrez : c’est toujours ouvert !

P. Olivier ROY, prêtre
Saint Malo, le samedi 3 avril 2010.

Photo : porte dans le fortin construit par le Bx Charles de Foucauld à Tammanrasset.