jeudi 8 décembre 2011

Homélie Immaculée Conception 2011



Aujourd’hui, l’Eglise fête donc en grande solennité l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. Autant dire que rien que les termes de cette célébration « immaculée conception » sont étrangers à la plupart de nos contemporains. Autant qu’ils pouvaient l’être à la jeune Bernadette de Lourdes malgré la précaution toute maternelle de la Vierge de lui parler en bigourdan : « Que Soy era immaculada conceptiou ». On connaît la suite. Bernadette ne comprend rien à ce message de la Vierge. Elle part en courant et ne voulant rien oublier se répète ces mots jusqu’à la porte du presbytère. Lorsqu’elle annonce cette phrase au brave curé Peyramale, celui-ci sera troublé. Nous sommes le 25 mars 1858 et ce n’est que quatre ans plus tôt, en 1854, que le pape Pie IX en avait fait une vérité de foi catholique. La dame de la grotte ayant enfin révélé son identité, il semble là qu’il y ait un tournant dans l’histoire de Lourdes et le succès de ses pèlerinages par la suite.  C’est aussi en 1852 que naît à Lyon la tradition de la fête des lumières le 8 décembre pour fêter l’inauguration de la statue de Notre Dame de Fourvière. Invitation est faite aux lyonnais de dire « Merci, Marie ».

Aucun doute, nous fêtons donc bien Notre Dame. Ce qui est d’autant plus justifié que nous sommes au milieu du temps de l’Avent dont Marie est l’une des figures emblématiques avec Jean Baptiste, évoqué dimanche dernier. Car comme nous l’avons dit dans l’oraison d’ouverture, Dieu a préparé à son Fils « une demeure digne de lui ». Avec Marie, le catéchisme de l’Eglise catholique nous rappelle que nous avons un modèle de la Foi. Elle ne cesse de nous montrer le chemin de la foi, de la prière, de la juste attitude de l’homme vis à vis de Dieu. Le peuple chrétien ne s’y trompe pas d’ailleurs. Ces foules qui envahissent les sanctuaires mariaux savent trouver en elle ce recours à toutes leurs demandes, à leurs infidélités, à leurs manques de foi. De l’accueil de la Nouvelle portée par l’ange à la mort de Jésus sur la croix, puis ensuite au Cénacle avec les apôtres, « la Vierge Marie est allée «dans le pèlerinage de la foi » jusque dans la nuit de la foi en communiant à la souffrance de son fils et à la nuit de son tombeau » nous dit le catéchisme. Ainsi elle nous montre le chemin. « La première en chemin, Marie, tu nous entraines » avons-nous l’habitude de chanter. Son fiat, que nous venons de réentendre dans l’Evangile de ce soir, est bien un acte humain de sa volonté pour accueillir le choix inattendu et étonnant de Dieu. Marie n’est pas un pantin, un simple instrument de l’économie divine. Par sa réponse admirable « Voici la servante du Seigneur : que tout se passe pour moi selon ta parole », elle nous invite à accepter positivement l’invitation de Dieu, a nous laisser bouleverser par Lui, à accepter qu’Il vienne changer nos plans de carrière, nos projets de vie bien ficelés d’avance mais qui risque de s’écrouler parce que trop fondés sur des critères de réussite humaine. Vous le savez bien, amis séminaristes. Dire oui à Dieu est une expérience qui nécessite constamment de faire fi de son amour propre, des ses ambitions mondaines pour choisir une autre ambition bien plus grande : s’ajuster à sa condition de Fils de Dieu au service du Seigneur. Même si cela peut être parfois un combat rude, bienheureux êtes-vous d’avoir oser un premier pas. Le pire aurait été de ne pas choisir. Je connais quelques exemples d’une tristesse dramatique. Le premier pas de Marie est ce « oui » sans réserve qui l’entraine vers un destin inconnu mais frappé du sceau de l’amour divin.

Mais cette fête de l’Immaculée Conception, nous invite à aller plus loin. Car si nous pouvons à juste titre admirer le fiat de la Vierge Marie et le redire chaque jour pour nous même laissant Dieu prendre chair en notre chair, il nous faut tout autant admirer l’action et l’œuvre de la Grâce qui l’a ainsi préserver de « toutes les séquelles du premier péché ». Pour cela, la jeune femme de Galilée n’y est pour rien. Elle ne peut qu’accueillir ce don gratuit et se laisser faire par la grâce dont elle est comblée. Ce dessaisissement de soi-même peut aussi fonctionner pour nous comme un modèle. Bien souvent, nous sommes tellement préoccupés de bien faire, de faire la volonté de Dieu que nous nous y attelons  de toutes nos forces. Tant et si bien que nous allons nous fatiguer. Si l’on fait tourner un moteur à plein régime sans arrêt, non seulement il va consommer beaucoup mais en plus il risque d’exploser au bout d’un certain temps. Marie, ce soir, nous invite à tout autre chose. Se laisser faire. Accepter de se laisser faire, de se laisser modeler par le Créateur. « Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ ». Comment cela va t’il se faire ? En refusant nos velléités volontaristes qui peuvent se transformer en une sorte de pélagianisme, de salut acquis par la somme de nos petits efforts, à la force de nos poignets. Comment cela va t’il se faire ? « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très haut te prendra sous son ombre. » Ainsi c’est l’Esprit Saint qui travaille, c’est Lui qui opère par sa force. Il nous faut juste, pour reprendre la belle image de l’Ange, nous mettre sous son ombre. Nous comprenons bien alors que nous ne sommes à l’origine ni de l’arbre et encore moins du soleil qui permettent l’ombre. Bien sûr me direz-vous, nous n’avons pas été conçu sans péché. Pourtant, « il faut résister à la tentation de s’enfermer dans une culpabilité paralysante, écrasés par notre péché, nos faiblesses… » écrit un auteur spirituel dans un beau livre intitulé « de la peur à la grâce ». « On se croit alors indigne de la grâce de Dieu » poursuit-il. « Cette culpabilité conduit au repli sur soi au lieu que notre regard se porte sur Dieu. On risque alors de s’y complaire, d’en tirer orgueil et d’en faire une idole. Il faut fracasser cette idole et se tourner vers notre Seigneur qui est amour. » Saint Paul nous redit pourtant comme aux habitants d’Ephèse : « En Jésus Christ, Dieu nous a choisi avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard ». Sous l’ombre de son regard d’amour. Oui, comme Marie, il nous faut cette confiance inouïe qui se laisse travailler par la grâce. En elle, aucune peur, aucun refus ne vient troubler l’œuvre de la grâce. Avec elle, nous pouvons prier avec ces mots attribués à Charles de Foucauld :

Notre Dame, qui par votre oui avez changé la face du Monde,
prenez en pitié ceux qui veulent dire "oui" pour toujours.
Vous qui savez à quel prix ce mot s'achète et se tient :
obtenez-nous de ne pas reculer devant ce qu'il exige de nous.
Apprenez-nous à le dire comme vous dans l'humilité, la pureté, la simplicité et l'abandon à la volonté du Père.
Faites que, tout au long de notre vie, les "oui" que nous dirons après celui-là ne soient pas autre chose qu'un moyen d'adhérer encore plus parfaitement à la volonté de Dieu: pour notre salut et celui du monde entier.

Amen. 

jeudi 24 novembre 2011

Conseils de navigation pour temps de crise


Homélie 25 novembre 2011

Certains d’entre vous ont sans doute détecté mon goût pour la mer. Ayant eu la chance de passer une grande partie de ma jeunesse au bord de l’eau, bien vite m’est aussi venue l’envie du large. Ainsi je suis devenu moniteur de voile. D’un genre un peu particulier cependant. En effet, un soir au retour d’une journée de navigation sur un petit habitable avec un équipage d’enfants, le chef de base m’a fait un compliment original dont je me souviens encore : « Olivier, je t’ai observé aujourd’hui. Je crois que tu es le premier et le seul moniteur que je connaisse qui ose lire son journal à bord pendant que les jeunes font leur manœuvre ! ». Sans vouloir tenter des comparaisons hasardeuses, on en connaît un Autre qui dormait dans la barque alors que la tempête se déchainait tout autour.

Tous nous sommes embarqués pour la vie. Autour de nous, l’océan est parfois calme, le vent tout doux. Mais ce peut être aussi la tempête. Comme celle des visions apocalyptiques du prophète Daniel. Tempête de ce monde en crise… éternelle. De ce monde qui crie sa souffrance dans les douleurs de l’enfantement d’une civilisation nouvelle définitivement sauvée par le retour du Christ. Avec ou sans journal, dans le soleil ou le brouillard, il nous faut bien pourtant diriger notre barque. Permettez donc au moniteur de voile de vous proposer trois qualités pour y arriver, pour arriver à bon port, sur l’autre rive.

D’abord, il faut être bien conscient de la météo et connaisseur de la carte. Savoir lire les signes de temps, dirait-on en langage plus théologique. Si j’étais si cool à bord, c’est que je savais qu’il n’y  avait pas de dangers en vue sous la mer ou dans le ciel. Jésus demande à ses disciples de savoir reconnaître les signes de la venue du Royaume, d’être des navigateurs attentifs et prudents, fin connaisseur de la carte Ecriture Sainte.    

2é qualité : Faire confiance à son équipage. On n’est pas seul à bord. D’autres sont là, autour de nous qui peuvent être bien utiles. Nous naviguons en équipage. Et même si on a l’impression qu’Il dort sur le coussin, le Christ est là. Il est le maitre de la mer et des vents.

3é qualité : Rester en tout temps maitre de son navire, capable de reprendre la barre et de diriger son bateau. Quand la tempête se lève par exemple : on réduit la toile, on met le minimum de voile mais on garde la barre. Vous avez tous l’image de ses capitaines valeureux attachés à leur barre à roue pour résister aux vents et aux courants et garder le cap.

Etre attentif à la météo et à la carte, faire confiance à son équipage, rester maitre de son navire, voilà mes trois conseils pour navigation en temps de crise afin que nous puissions avancer au large : cap sur le Christ, le Fils d’homme dont la domination ne passera pas, dont les paroles ne passeront pas, dont le Royaume est tout proche.

Amen !

mercredi 2 novembre 2011

Toussaints : et si c'était vrai ?




Nous venons de fêter solennellement la Toussaints. Et même si certains médias ignorent encore la différence entre ce grand rendez-vous de l’année liturgique et la commémoration des fidèles défunts qui la suit, la prédication et la catéchèse nous ont permis de retrouver ces dernières années le sens de cette fête. Les saints sont cette « foule immense » qui ont enrichi notre « patrimoine » chrétien de leur vie et pour certains du sang de leur témoignage. Beaucoup ont reçus de l’Eglise l’honneur des autels. Mais nombreux sont aussi les saints de l’ordinaire, connus seulement de quelques personnes dans leur famille, leur quartier ou leur paroisse. Tous nous avons un ou plusieurs visages qui viennent à notre esprit. 


La sainteté se fait proche. Mais allons-nous jusqu’à croire qu’elle est aussi pour nous ? Le concile Vatican II a rappelé dans un de ces textes les plus important (Lumen Gentium) l’appel universel à la sainteté : « Dans les formes diverses de vie et les charges différentes c’est une seule sainteté que cultivent ceux que conduit l’Esprit de Dieu et qui, obéissant à la voix du Père et adorant Dieu le Père en esprit et en vérité, marchent à la suite du Christ pauvre, humble et chargé de la croix, pour mériter de devenir participants de sa gloire. Chacun doit résolument avancer, selon ses propres dons et ressources, par la voie d’une foi vivante qui stimule l’espérance et agit par la charité. » LG 41

Ce qui veut bien dire que si nous pensons que le Pape est bien le « Saint Père », que les évêques, les prêtres ou les séminaristes avancent à grand pas vers la sainteté par leur choix de vie, osons-nous tenir pour vrai que tous nous sommes invités à la sainteté ? Car telle est bien notre foi. Tous les grands saints de l’histoire de Saint Ignace à Thérèse de Lisieux ont acceptés de marcher sur ce chemin. Sans autre prétention mais par fidélité à leur baptême. 


Bernanos dans une conférence remarquable [1] propose un moyen très évangélique : faire comme les enfants qui « à force de jouer aux grandes personnes deviennent grands à leur tour. Peut être la recette est-elle bonne ? Peut être à force de jouer aux saints, finirions-nous par le devenir ? ». Plus loin, il précise : « Les saints ne sont pas des héros. Un héros nous donne l’illusion de dépasser l’humanité, le saint ne la dépasse pas, il l’assume, il s’efforce de la réaliser le mieux possible (…) Il s’efforce d’approcher le plus près possible de son modèle Jésus-Christ.» Dans quelques jours, la communauté du Séminaire Saint Yves partira en retraite à l’Abbaye de Sept Fons en Bourgogne. Gageons que c’est pour essayer ensemble de « jouer aux saints » et ainsi de le devenir avec la grâce de Dieu.

Père Olivier ROY, diocèse de Rennes


[1] Nos amis les saints in La liberté pour quoi faire ?, Georges Bernanos, Gallimard, Paris, 1953

mardi 22 mars 2011

Frappes chirurgicales !

Homélie 2é lundi de Carême 2011

Remise à l’honneur par les derniers soubresauts d’une actualité récente, les militaires ont cette expression éminemment paradoxale qui parle de « frappes chirurgicales ». On veut ainsi, sans aucun doute, vanter la capacité de notre technologie d’aller droit au but lors d’un bombardement. Et si l’on ne s’arrête qu’au côté médical de l’expression, on sait les immenses possibilités offertes par la technique aujourd’hui pour aller opérer dans des endroits particulièrement compliqués et cachés du corps humain et le faire de manière très précise et fine.

Deux siècles plus tôt et ignorant tout de ces progrès, Jésus me semble pourtant avoir toutes les qualités requises pour être un chirurgien averti du XXIé siècle ! Connaissant parfaitement tous les recoins du cœur de l’homme, il sait affiner l’action de son scalpel pour aller opérer là où nécessaire, là où, pourrait-on dire, cela fait mal ! Ainsi, l’évangile de ce jour insiste sur notre capacité, ou plutôt notre incapacité à « pardonner ».

Frère Roger, grand connaisseur et surtout grand praticien de la réconciliation, a dit un jour que l’homme n’est pas « construit » pour le pardon. Ou plutôt que si Dieu nous a donné la capacité de le vivre, cela reste pour nous un éternel combat. On sait nos propres réticences à aller se confesser, par exemple. Pourtant le pardon, même s’il est dur à vivre, n’en est pas moins nécessaire. D’une nécessité vitale. Une vie sans pardon n’est pas une vie : c’est la mort !

Dans l’évangile de ce matin, Jésus nous donne trois conseils positifs : soyez miséricordieux, pardonnez, donnez ; et deux conseils négatifs : ne jugez pas, ne condamnez pas. Là encore, cela nous révèle l’excellente connaissance de Jésus de ce qui fait le cœur de l’homme. Juger, condamner hâtivement « en pensée, en paroles, par action et par omission » : voilà peut être notre péché le plus ordinaire. Comme il est facile de dire du mal d’un tel au cours d’un repas et sous prétexte d’humour qui a pourtant le « goût » d’une détestable ironie caustique. « Seigneur, a nous la honte au visage parce que nous avons péché contre toi » pouvons-nous reprendre avec le prophète Daniel.

Oui, nous devons changer notre regard. Ne pas nous arrêter aux apparences. Etre miséricordieux comme notre Père est miséricordieux. C’est Lui le maître en miséricorde.

« Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
Pour la gloire de ton Nom,
Délivre- nous, efface nos fautes,
Pour la cause de ton nom. » Psaume 78

jeudi 20 janvier 2011

D'un seul coeur !

Veillée de Prière pour l'Unité des Chrétiens. Rennes. 20 janvier 2011
A partir d'Ac 2, 42-47

Frères et Sœurs,

Nous sommes ici ce soir pour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens. A cette occasion, nous sommes donc invités à chercher ensemble, à mettre en valeur et à développer ce qui nous unit. C’était en tout cas le souci de l’équipe de jeunes protestants et catholiques qui se sont réunis pour préparer cette veillée. Si nous voulons travailler à l’unité, le plus important est bien d’insister sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous sépare. Cela sans naïveté excessive. Sans faire l’autruche et cacher qu’il existe encore des causes de divisions, des pas de réconciliation à faire. Mais je pense vraiment que faire l’étalage des différences : c’est regarder les choses par le mauvais bout de la lorgnette. C’est l’attitude de celui qui refuse d’avancer, d’évoluer. C’est une attitude qui est l’anti-thèse du texte des Actes des Apôtres que nous venons d’entendre. La première bonne nouvelle de ce soir est de nous rappeler que nous avons des points communs…Et non des moindres ! La première bonne nouvelle est de nous rappeler chers amis que nous ne sommes pas des étrangers les uns vis-à-vis des autres. Même si nous ne nous connaissons pas. Même si vous n’avez jamais rencontré votre voisin de droite ou votre voisine de gauche. Il me faut vous rappeler cette première bonne nouvelle qui n’est pas forcément d’emblée une évidence : vous êtes frères et sœurs en Christ. Je suis le frère de Siona et je suis le frère de Benoit. Et je ne les connais pas depuis très longtemps, ni très bien d’ailleurs. Mais j’en suis très heureux et fier ! La première communauté chrétienne que nous décrit Luc dans les Actes des Apôtres est composée d’hommes et de femmes qui se reconnaissent frères et sœurs. Qui acceptent que leurs relations soient transformées par le fait qu’ils ont reçu le même baptême : « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». A partir de ce moment là, vous ne pouvez plus regarder, parler à un autre chrétien, à une autre chrétienne de la même manière. Ces relations nouvelles sont très fortes. Nous l’avons peut être expérimenté nous-mêmes. Nous avons peut être des sœurs, des frères en Christ qui sont plus encore que des amis. Des frères, des sœurs, pas reliés par les liens du sang (ceux-là peuvent même faire souffrir parfois) mais reliés par ce lien unique qu’est la relation en Christ.

Juste avant ce passage, l’apôtre Pierre avait fait un grand discours d’évangélisation qui a remués ceux qui l’écoutaient « jusqu’au fond d’eux-mêmes » nous précisent l’auteur. Ces derniers demandent alors aux apôtres : « frères, que devons-nous faire ? ». Pierre les invite alors à la conversion, au baptême pour le pardon des péchés, à recevoir l’Esprit Saint. « Alors ceux qui avaient reçu la parole de Pierre se firent baptiser ». Et le texte donne alors une précision importante qui peut changer notre vision de la suite ; de cette description de la première communauté chrétienne qui peut nous paraître idyllique, un petit paradis sur terre. « Bah oui, c’était facile pour eux…tout partager, vivre unis, prier d’un seul cœur…Ils n’étaient pas très nombreux. C’est toujours plus facile de s’entendre à 12 qu’à quelques milliards !». Cette critique, si elle est effectivement frappée du bon sens, n’est pas vraiment recevable. Car nous apprenons que le « ils » qui débutent l’extrait que nous avons lu ce soir représente plus de trois mille personnes. C’est la précision qui nous est apportée juste avant. La première communauté chrétienne n’était donc pas un simple embryon de communauté. Ils étaient peut être déjà dix fois plus nombreux que nous ce soir. Ainsi l’apprentissage d’une vie commune, d’une vie d’unité a du se faire dans un groupe accueillant sûrement des diversités non négligeables. Je vis moi-même chaque jour dans une communauté avec vingt jeunes hommes et je peux témoigner que cela relève parfois de l’exploit ! Et pourtant l’exploit est possible. Cette belle description que nous venons d’entendre n’est pas à classer trop vite du côté d’un idéal que l’on ne pourra jamais atteindre. Bien sûr, nos communautés ne peuvent plus être vraiment les mêmes. Mais les piliers, les fondations sur lesquelles elles reposent n’ont pas de raison d’être vraiment différentes. Et encore une fois, redisons-le ce qui nous réunit : c’est le Christ. Il n’y a rien de plus important que cela. Nous sommes frères car nous recevons du Christ le même Père des Cieux. Nous le dirons ensemble tout à l’heure dans la prière du Notre Père qui nous est commune. Le cœur de l’unité est là. Ne le cherchons pas ailleurs. Ne nous laissons pas distraire par toutes sortes d’autres questions annexes, périphériques ou marginales. « Par-dessus tout, qu’il y ait l’amour ! » rappelle Saint Paul. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaitront ». Allons-nous accepter d’écrire une nouvelle page des Actes des Apôtres ? Une page pour aujourd’hui ? En sortant de cette église, est-ce que ceux qui vont nous croiser vont se dire : « regardez comme ils s’aiment » !

Cette veillée a été préparée et elle est animée par les jeunes de nos communautés. Ils ont là une ardente mission : permettre que demain ne soit pas comme hier ! Ils sont des signes d’espérance. Et quand je vois avec quelle facilité, avec quel esprit fraternel nous avons justement préparé cette soirée, je suis plein d’espérance.

« Que devons-nous faire ? » demandent les futurs baptisés à Pierre. Tout est écrit par Saint Luc. Rien de plus que ce que faisaient ces 1ers chrétiens. Mais rien de moins non plus :
-être assidus à l’enseignement des apôtres, ce que Guy Gilbert, le curé des loubards traduit par « bosse ta foi ». C’est une exigence aujourd’hui dans notre société pluri-culturelle, dans notre société où être chrétien ne va plus de soi. Nous devons avoir de justes raisons de croire.
- être assidus à la prière. Qu’elle soit personnelle (rentre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Seigneur, parle lui comme un ami parle à un ami) ou communautaire.
- être assidus à la communion fraternelle, au service des frères, de tous nos sœurs et frères, en particulier les plus démunis.
Dans un tout petit livre qui est un grand succès ces dernières semaines, un vieux résistant (Stéphane Hessel) invite les jeunes générations à s’indigner ! S’indigner contre la misère, contre la souffrance, contre l’exclusion : c’est bien. Mais pas suffisant ! Il faut aussi agir. Et heureusement, ils sont nombreux les chrétiens engagés dans toute sorte d’associations caritatives dans nos Eglises et bien au-delà.

Voilà le trépied de la vie chrétienne : bosse ta foi et lis la Parole de Dieu ; prie et agis ! Pas compliqué mais exigeant. Luc le résume peut être avec cette magnifique expression, chère à Frère Roger le fondateur de la communauté œcuménique de Taizé : vivre dans la simplicité du cœur. Avec des mots plus actuels je dirais : ne vous prenez pas la tête mais déchirez-vous le cœur ! Pourquoi ? Parce que tout cela rends joyeux ! Tout cela rends heureux. Et je vais même vous faire une confidence pour finir : tout cela est le seul chemin du bonheur !

A la suite des premiers Apôtres, de ces disciples qui se faisaient baptiser par milliers, de ces millions de témoins qui brillent dans notre histoire chrétienne depuis 2000 ans, nous voici.

Maintenant je vais me taire… Nous allons prendre quelques minutes en silence, avec la question qui est sur notre feuille : « au regard de ce que nous propose le texte des Actes des Apôtres, quelle est mon expérience de disciple aujourd’hui ? » Viens Esprit Saint, viens nous visiter. Viens Esprit Saint nous montrer ce que nous devons être, ce que nous devons faire pour être de fidèle disciple du Christ aujourd’hui. Viens Esprit Saint.
Souffle de l'Amour de Dieu, Esprit Saint
Au fond de notre âme Tu déposes la foi.
Elle est comme un élan de confiance
mille fois repris au cours de notre vie.
Elle ne peut être qu'une confiance toute simple,
si simple que tous peuvent l'accueillir.
Amen !

vendredi 7 janvier 2011

Voeux 2011


Vœux à l’Archevêque et au diocèse – 4 janvier 2011
Pour une Eglise toujours jeune : une année Jeune !

Introduction Vidéo : Mgr sur la plage à Saint Malo (du début à 2’16’’)

Vœux des Jeunes à plusieurs voix (P. Olivier ROY, Marie Renée Hardy, Jordan Barras et Marie Cécile Leblay)

http://www.dailymotion.com/video/xes9xz_mgr-d-ornellas-s-exprime-sur-la-jeu_webcam

« La foi fait toujours regarder devant. Une Eglise jeune : elle ne regarde pas dans le rétroviseur : elle regarde devant ». Ces phrases monseigneur vous ne les avez pas prononcés la semaine dernière. Mais chacun aura pu s’apercevoir que c’était l’été dernier sur la plage du Sillon à Saint Malo pour Happy Hour TV de rentrée répondant aux questions de Philippe de la Barthe. Pourtant, que ces paroles résonnent bien en ce jour de vœux ! Il était donc judicieux que les jeunes de votre diocèse vous présentent les vœux 2011 et puissent ainsi vous remercier pour toute la confiance et l'engagement personnel que vous leur témoignez jour après jour. Ensemble prenons donc la vague de 2011 : pour une Eglise toujours jeune !

Depuis septembre dernier, nous traçons le sillon de l’année Mission Jeunes : une année orientée par l’invitation de Benoit XVI à Madrid en août prochain aux JMJ. Une année pour que toute notre Eglise diocésaine, toutes celles et ceux qui y sont engagés fassent le choix d’être et demeurer jeune : de 7 à 77 ans ! Ainsi avec Jordan, ambassadeur des JMJ pour le doyenné de l’Illet et Marie Cécile, qui vient d’intégrer l’équipe de la Pastorale des Jeunes-Silo, nous allons oser quelques vœux autour des 5 lettres du mot JEUNE.

Marie Cécile
Une année Jeune : c’est une année où il y a de la Joie.
Lors de la catéchèse Viva Cristo le 8 décembre dans votre cathédrale vous nous avez clairement appelé à la joie, au bonheur. Commentant les Béatitudes, vous nous avez rappelé combien cette joie pouvait surgir même des situations les plus dures et tristes car elle vient de Dieu, elle est voulue par Dieu. En 2011, nous allons vivre avec vous de grands moments de joie comme les JMJ ou les rassemblements collégiens Cap et Tim pour les 6é. Mais nous savons aussi que parfois les soucis vous assailliront comme les vagues sur la digue de Saint Malo les jours de tempête. Pourtant que 2011 soit pour vous une année de JOIE ! Nous faisons nôtre cet appel lancé par Frère Alois de Taizé dans sa lettre du Chili méditée par 30000 jeunes européens la semaine passée à Rotterdam (dont une belle délégation rennaise). Il écrit : « La joie du cœur, voilà ta vie. Quitte ta tristesse ! Prends une option pour la joie ! ».

Jordan
Une année Jeune : c’est une année pleine d’Espérance.
Oui nous les jeunes : nous regardons devant. Et malgré une société qui ne nous en reconnait pas toujours le droit, nous avons toujours l’espérance que demain sera meilleur qu’hier. Sans idéalisme, nous avons souvent le cœur à fleur de peau pour dénoncer les injustices et essayer de changer les choses modestement là où nous sommes. Nous souhaitons donc qu’avec nous vous soyez habité par cette espérance monseigneur. Que les chrétiens de notre diocèse soit porteurs de cette espérance vers tout homme et particulièrement ceux qui en ont le plus besoin : les prisonniers, les malades, les exclus. Avec le Christ, nous serons serviteurs de l’homme, de tous les hommes pour rendre ce monde plus beau. Contre vents et marée, gardez monseigneur, l’espérance forte en vous ! Nous avons besoin de votre espérance !


Marie Cécile
Une année jeune : c’est une année ouverte à l’Universel.
A Madrid en aout, nous nous retrouverons avec des jeunes du monde entier autour de Benoit XVI. En 2011, le monde est à notre porte par les médias, internet, les voyages de plus en plus faciles et fréquents. Nous vous souhaitons monseigneur de partager avec nous cette ouverture à l’universel en privilégiant la communion. Rencontrer l’autre, l’étranger, l’inconnu nous fait percevoir nos différences. Même entre chrétiens, nous avons parfois une façon de vivre notre foi et de l’affirmer différente : certains aiment sans retenue les chants de louanges, d’autres préfèrent les longues litanies paisibles de Taizé. Mais là où certains voient une barrière, nous vivons ces différences comme une richesse. Aidez nous monseigneur à vivre davantage la communion et à nous reconnaitre tous frères et sœurs d’un même Jésus Christ au service de l’Evangile.

Jordan
Une année jeune : c’est une année pour faire du Nouveau.
Les temps changent. Et à toute vitesse même. Nos anciens aiment à le constater. Nous osons croire que c’est une chance. « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi », demain ne nous fait pas peur. D’ailleurs Jésus ne cesse de le répéter dans l’Evangile : « n’ayez pas peur ! ». Les conditions n’étant plus les mêmes, nous allons devoir faire autrement. Nos ainés ont été inventifs et nous ont transmis la foi. Pensons à Jean-Marie de Lamennais, un malouin, dont nous venons de célébrer le 150é anniversaire de la mort et la grande œuvre éducative qu’il a laissé ici avec les Frères de Ploërmel. Aujourd’hui encore il faut inventer, innover, faire du neuf. Nous savons que vous en avez l’audace : la Maison Charles de Foucauld et ses 19 jeunes ou encore le terrain de la Pastorale des Jeunes de Paramé en sont des signes forts. Dans nos paroisses, il est temps que l’Evangile rayonne à partir de pôles prenant mieux en compte les réalités telles que nous pouvons les vivre. Comptez-sur nous monseigneur pour que 2011 soit une année où notre Eglise invente encore l’avenir et porte l’Evangile sur des chemins nouveaux.

Marie Cécile
Une année jeune : c’est une année au souffle de l’Esprit.
Enfin, les jeunes ont besoin de grand large, de grand vent ! Mais tous baptisés et confirmés nous avons reçu le souffle de l’Esprit : un souffle pour grandir aime t-on chanter. Avec Lui, si nous savons orienter nos voiles, nous pouvons devenir des surfeurs de Dieu ! Comme vous aviez l’air d’en rêver dans l’interview qui débutait ces vœux, nous vous souhaitons de surfer cette année, pas seulement sur Internet d’ailleurs, mais surtout de prendre la vague et de surfer au souffle de l’Eprit. Pour que le Seigneur oriente votre vie et vous guide par son Esprit dans votre mission au service des hommes et des femmes d’Ille et Vilaine et bien au-delà dans vos charges nationales pour la bioéthique et internationales avec les communautés de l’Arche.

Jordan
Monseigneur,
Nous vous souhaitons donc toute la santé, la joie et l'élan pour mener la mission, parfois difficile, qui est la vôtre...mais qui, grâce à vous et ceux qui accompagnent votre action au quotidien, Mgr Souchu et le P. Franck Téhel, donne le dynamisme à notre diocèse qui pour beaucoup, à ce qu'on entend, est drôlement jeune ! Au diocèse de Rennes et à vous monseigneur : Bonne et Sainte Année !

OR
Et pour nous donner du cœur à l’ouvrage, nous vous emmenons qq instants tous aux JMJ de Madrid. Avec le nouveau clip vidéo JMJ MIB que vous voyez en avant première mondiale ! Notre précédent clip produit par les jeunes de Silo a été vu plus de 35 000 fois à ce jour dans le monde entier ! Ces JMJ auront donc un vrai goût de Made In Breizh :

http://www.youtube.com/watch?v=1XAMTbm99pw