jeudi 20 janvier 2011

D'un seul coeur !

Veillée de Prière pour l'Unité des Chrétiens. Rennes. 20 janvier 2011
A partir d'Ac 2, 42-47

Frères et Sœurs,

Nous sommes ici ce soir pour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens. A cette occasion, nous sommes donc invités à chercher ensemble, à mettre en valeur et à développer ce qui nous unit. C’était en tout cas le souci de l’équipe de jeunes protestants et catholiques qui se sont réunis pour préparer cette veillée. Si nous voulons travailler à l’unité, le plus important est bien d’insister sur ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous sépare. Cela sans naïveté excessive. Sans faire l’autruche et cacher qu’il existe encore des causes de divisions, des pas de réconciliation à faire. Mais je pense vraiment que faire l’étalage des différences : c’est regarder les choses par le mauvais bout de la lorgnette. C’est l’attitude de celui qui refuse d’avancer, d’évoluer. C’est une attitude qui est l’anti-thèse du texte des Actes des Apôtres que nous venons d’entendre. La première bonne nouvelle de ce soir est de nous rappeler que nous avons des points communs…Et non des moindres ! La première bonne nouvelle est de nous rappeler chers amis que nous ne sommes pas des étrangers les uns vis-à-vis des autres. Même si nous ne nous connaissons pas. Même si vous n’avez jamais rencontré votre voisin de droite ou votre voisine de gauche. Il me faut vous rappeler cette première bonne nouvelle qui n’est pas forcément d’emblée une évidence : vous êtes frères et sœurs en Christ. Je suis le frère de Siona et je suis le frère de Benoit. Et je ne les connais pas depuis très longtemps, ni très bien d’ailleurs. Mais j’en suis très heureux et fier ! La première communauté chrétienne que nous décrit Luc dans les Actes des Apôtres est composée d’hommes et de femmes qui se reconnaissent frères et sœurs. Qui acceptent que leurs relations soient transformées par le fait qu’ils ont reçu le même baptême : « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». A partir de ce moment là, vous ne pouvez plus regarder, parler à un autre chrétien, à une autre chrétienne de la même manière. Ces relations nouvelles sont très fortes. Nous l’avons peut être expérimenté nous-mêmes. Nous avons peut être des sœurs, des frères en Christ qui sont plus encore que des amis. Des frères, des sœurs, pas reliés par les liens du sang (ceux-là peuvent même faire souffrir parfois) mais reliés par ce lien unique qu’est la relation en Christ.

Juste avant ce passage, l’apôtre Pierre avait fait un grand discours d’évangélisation qui a remués ceux qui l’écoutaient « jusqu’au fond d’eux-mêmes » nous précisent l’auteur. Ces derniers demandent alors aux apôtres : « frères, que devons-nous faire ? ». Pierre les invite alors à la conversion, au baptême pour le pardon des péchés, à recevoir l’Esprit Saint. « Alors ceux qui avaient reçu la parole de Pierre se firent baptiser ». Et le texte donne alors une précision importante qui peut changer notre vision de la suite ; de cette description de la première communauté chrétienne qui peut nous paraître idyllique, un petit paradis sur terre. « Bah oui, c’était facile pour eux…tout partager, vivre unis, prier d’un seul cœur…Ils n’étaient pas très nombreux. C’est toujours plus facile de s’entendre à 12 qu’à quelques milliards !». Cette critique, si elle est effectivement frappée du bon sens, n’est pas vraiment recevable. Car nous apprenons que le « ils » qui débutent l’extrait que nous avons lu ce soir représente plus de trois mille personnes. C’est la précision qui nous est apportée juste avant. La première communauté chrétienne n’était donc pas un simple embryon de communauté. Ils étaient peut être déjà dix fois plus nombreux que nous ce soir. Ainsi l’apprentissage d’une vie commune, d’une vie d’unité a du se faire dans un groupe accueillant sûrement des diversités non négligeables. Je vis moi-même chaque jour dans une communauté avec vingt jeunes hommes et je peux témoigner que cela relève parfois de l’exploit ! Et pourtant l’exploit est possible. Cette belle description que nous venons d’entendre n’est pas à classer trop vite du côté d’un idéal que l’on ne pourra jamais atteindre. Bien sûr, nos communautés ne peuvent plus être vraiment les mêmes. Mais les piliers, les fondations sur lesquelles elles reposent n’ont pas de raison d’être vraiment différentes. Et encore une fois, redisons-le ce qui nous réunit : c’est le Christ. Il n’y a rien de plus important que cela. Nous sommes frères car nous recevons du Christ le même Père des Cieux. Nous le dirons ensemble tout à l’heure dans la prière du Notre Père qui nous est commune. Le cœur de l’unité est là. Ne le cherchons pas ailleurs. Ne nous laissons pas distraire par toutes sortes d’autres questions annexes, périphériques ou marginales. « Par-dessus tout, qu’il y ait l’amour ! » rappelle Saint Paul. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaitront ». Allons-nous accepter d’écrire une nouvelle page des Actes des Apôtres ? Une page pour aujourd’hui ? En sortant de cette église, est-ce que ceux qui vont nous croiser vont se dire : « regardez comme ils s’aiment » !

Cette veillée a été préparée et elle est animée par les jeunes de nos communautés. Ils ont là une ardente mission : permettre que demain ne soit pas comme hier ! Ils sont des signes d’espérance. Et quand je vois avec quelle facilité, avec quel esprit fraternel nous avons justement préparé cette soirée, je suis plein d’espérance.

« Que devons-nous faire ? » demandent les futurs baptisés à Pierre. Tout est écrit par Saint Luc. Rien de plus que ce que faisaient ces 1ers chrétiens. Mais rien de moins non plus :
-être assidus à l’enseignement des apôtres, ce que Guy Gilbert, le curé des loubards traduit par « bosse ta foi ». C’est une exigence aujourd’hui dans notre société pluri-culturelle, dans notre société où être chrétien ne va plus de soi. Nous devons avoir de justes raisons de croire.
- être assidus à la prière. Qu’elle soit personnelle (rentre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Seigneur, parle lui comme un ami parle à un ami) ou communautaire.
- être assidus à la communion fraternelle, au service des frères, de tous nos sœurs et frères, en particulier les plus démunis.
Dans un tout petit livre qui est un grand succès ces dernières semaines, un vieux résistant (Stéphane Hessel) invite les jeunes générations à s’indigner ! S’indigner contre la misère, contre la souffrance, contre l’exclusion : c’est bien. Mais pas suffisant ! Il faut aussi agir. Et heureusement, ils sont nombreux les chrétiens engagés dans toute sorte d’associations caritatives dans nos Eglises et bien au-delà.

Voilà le trépied de la vie chrétienne : bosse ta foi et lis la Parole de Dieu ; prie et agis ! Pas compliqué mais exigeant. Luc le résume peut être avec cette magnifique expression, chère à Frère Roger le fondateur de la communauté œcuménique de Taizé : vivre dans la simplicité du cœur. Avec des mots plus actuels je dirais : ne vous prenez pas la tête mais déchirez-vous le cœur ! Pourquoi ? Parce que tout cela rends joyeux ! Tout cela rends heureux. Et je vais même vous faire une confidence pour finir : tout cela est le seul chemin du bonheur !

A la suite des premiers Apôtres, de ces disciples qui se faisaient baptiser par milliers, de ces millions de témoins qui brillent dans notre histoire chrétienne depuis 2000 ans, nous voici.

Maintenant je vais me taire… Nous allons prendre quelques minutes en silence, avec la question qui est sur notre feuille : « au regard de ce que nous propose le texte des Actes des Apôtres, quelle est mon expérience de disciple aujourd’hui ? » Viens Esprit Saint, viens nous visiter. Viens Esprit Saint nous montrer ce que nous devons être, ce que nous devons faire pour être de fidèle disciple du Christ aujourd’hui. Viens Esprit Saint.
Souffle de l'Amour de Dieu, Esprit Saint
Au fond de notre âme Tu déposes la foi.
Elle est comme un élan de confiance
mille fois repris au cours de notre vie.
Elle ne peut être qu'une confiance toute simple,
si simple que tous peuvent l'accueillir.
Amen !

vendredi 7 janvier 2011

Voeux 2011


Vœux à l’Archevêque et au diocèse – 4 janvier 2011
Pour une Eglise toujours jeune : une année Jeune !

Introduction Vidéo : Mgr sur la plage à Saint Malo (du début à 2’16’’)

Vœux des Jeunes à plusieurs voix (P. Olivier ROY, Marie Renée Hardy, Jordan Barras et Marie Cécile Leblay)

http://www.dailymotion.com/video/xes9xz_mgr-d-ornellas-s-exprime-sur-la-jeu_webcam

« La foi fait toujours regarder devant. Une Eglise jeune : elle ne regarde pas dans le rétroviseur : elle regarde devant ». Ces phrases monseigneur vous ne les avez pas prononcés la semaine dernière. Mais chacun aura pu s’apercevoir que c’était l’été dernier sur la plage du Sillon à Saint Malo pour Happy Hour TV de rentrée répondant aux questions de Philippe de la Barthe. Pourtant, que ces paroles résonnent bien en ce jour de vœux ! Il était donc judicieux que les jeunes de votre diocèse vous présentent les vœux 2011 et puissent ainsi vous remercier pour toute la confiance et l'engagement personnel que vous leur témoignez jour après jour. Ensemble prenons donc la vague de 2011 : pour une Eglise toujours jeune !

Depuis septembre dernier, nous traçons le sillon de l’année Mission Jeunes : une année orientée par l’invitation de Benoit XVI à Madrid en août prochain aux JMJ. Une année pour que toute notre Eglise diocésaine, toutes celles et ceux qui y sont engagés fassent le choix d’être et demeurer jeune : de 7 à 77 ans ! Ainsi avec Jordan, ambassadeur des JMJ pour le doyenné de l’Illet et Marie Cécile, qui vient d’intégrer l’équipe de la Pastorale des Jeunes-Silo, nous allons oser quelques vœux autour des 5 lettres du mot JEUNE.

Marie Cécile
Une année Jeune : c’est une année où il y a de la Joie.
Lors de la catéchèse Viva Cristo le 8 décembre dans votre cathédrale vous nous avez clairement appelé à la joie, au bonheur. Commentant les Béatitudes, vous nous avez rappelé combien cette joie pouvait surgir même des situations les plus dures et tristes car elle vient de Dieu, elle est voulue par Dieu. En 2011, nous allons vivre avec vous de grands moments de joie comme les JMJ ou les rassemblements collégiens Cap et Tim pour les 6é. Mais nous savons aussi que parfois les soucis vous assailliront comme les vagues sur la digue de Saint Malo les jours de tempête. Pourtant que 2011 soit pour vous une année de JOIE ! Nous faisons nôtre cet appel lancé par Frère Alois de Taizé dans sa lettre du Chili méditée par 30000 jeunes européens la semaine passée à Rotterdam (dont une belle délégation rennaise). Il écrit : « La joie du cœur, voilà ta vie. Quitte ta tristesse ! Prends une option pour la joie ! ».

Jordan
Une année Jeune : c’est une année pleine d’Espérance.
Oui nous les jeunes : nous regardons devant. Et malgré une société qui ne nous en reconnait pas toujours le droit, nous avons toujours l’espérance que demain sera meilleur qu’hier. Sans idéalisme, nous avons souvent le cœur à fleur de peau pour dénoncer les injustices et essayer de changer les choses modestement là où nous sommes. Nous souhaitons donc qu’avec nous vous soyez habité par cette espérance monseigneur. Que les chrétiens de notre diocèse soit porteurs de cette espérance vers tout homme et particulièrement ceux qui en ont le plus besoin : les prisonniers, les malades, les exclus. Avec le Christ, nous serons serviteurs de l’homme, de tous les hommes pour rendre ce monde plus beau. Contre vents et marée, gardez monseigneur, l’espérance forte en vous ! Nous avons besoin de votre espérance !


Marie Cécile
Une année jeune : c’est une année ouverte à l’Universel.
A Madrid en aout, nous nous retrouverons avec des jeunes du monde entier autour de Benoit XVI. En 2011, le monde est à notre porte par les médias, internet, les voyages de plus en plus faciles et fréquents. Nous vous souhaitons monseigneur de partager avec nous cette ouverture à l’universel en privilégiant la communion. Rencontrer l’autre, l’étranger, l’inconnu nous fait percevoir nos différences. Même entre chrétiens, nous avons parfois une façon de vivre notre foi et de l’affirmer différente : certains aiment sans retenue les chants de louanges, d’autres préfèrent les longues litanies paisibles de Taizé. Mais là où certains voient une barrière, nous vivons ces différences comme une richesse. Aidez nous monseigneur à vivre davantage la communion et à nous reconnaitre tous frères et sœurs d’un même Jésus Christ au service de l’Evangile.

Jordan
Une année jeune : c’est une année pour faire du Nouveau.
Les temps changent. Et à toute vitesse même. Nos anciens aiment à le constater. Nous osons croire que c’est une chance. « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi », demain ne nous fait pas peur. D’ailleurs Jésus ne cesse de le répéter dans l’Evangile : « n’ayez pas peur ! ». Les conditions n’étant plus les mêmes, nous allons devoir faire autrement. Nos ainés ont été inventifs et nous ont transmis la foi. Pensons à Jean-Marie de Lamennais, un malouin, dont nous venons de célébrer le 150é anniversaire de la mort et la grande œuvre éducative qu’il a laissé ici avec les Frères de Ploërmel. Aujourd’hui encore il faut inventer, innover, faire du neuf. Nous savons que vous en avez l’audace : la Maison Charles de Foucauld et ses 19 jeunes ou encore le terrain de la Pastorale des Jeunes de Paramé en sont des signes forts. Dans nos paroisses, il est temps que l’Evangile rayonne à partir de pôles prenant mieux en compte les réalités telles que nous pouvons les vivre. Comptez-sur nous monseigneur pour que 2011 soit une année où notre Eglise invente encore l’avenir et porte l’Evangile sur des chemins nouveaux.

Marie Cécile
Une année jeune : c’est une année au souffle de l’Esprit.
Enfin, les jeunes ont besoin de grand large, de grand vent ! Mais tous baptisés et confirmés nous avons reçu le souffle de l’Esprit : un souffle pour grandir aime t-on chanter. Avec Lui, si nous savons orienter nos voiles, nous pouvons devenir des surfeurs de Dieu ! Comme vous aviez l’air d’en rêver dans l’interview qui débutait ces vœux, nous vous souhaitons de surfer cette année, pas seulement sur Internet d’ailleurs, mais surtout de prendre la vague et de surfer au souffle de l’Eprit. Pour que le Seigneur oriente votre vie et vous guide par son Esprit dans votre mission au service des hommes et des femmes d’Ille et Vilaine et bien au-delà dans vos charges nationales pour la bioéthique et internationales avec les communautés de l’Arche.

Jordan
Monseigneur,
Nous vous souhaitons donc toute la santé, la joie et l'élan pour mener la mission, parfois difficile, qui est la vôtre...mais qui, grâce à vous et ceux qui accompagnent votre action au quotidien, Mgr Souchu et le P. Franck Téhel, donne le dynamisme à notre diocèse qui pour beaucoup, à ce qu'on entend, est drôlement jeune ! Au diocèse de Rennes et à vous monseigneur : Bonne et Sainte Année !

OR
Et pour nous donner du cœur à l’ouvrage, nous vous emmenons qq instants tous aux JMJ de Madrid. Avec le nouveau clip vidéo JMJ MIB que vous voyez en avant première mondiale ! Notre précédent clip produit par les jeunes de Silo a été vu plus de 35 000 fois à ce jour dans le monde entier ! Ces JMJ auront donc un vrai goût de Made In Breizh :

http://www.youtube.com/watch?v=1XAMTbm99pw