dimanche 3 juin 2012

la force de la Foi


Homélie Solennité de la Sainte Trinité
Profession de foi à Mordelles

Chers amis,

Je voudrais commencer d’abord par remercier les parents (particulièrement les mamans dont c’est la fête aussi aujourd’hui et dont je sais le rôle souvent important dans l’éducation des enfants) et les catéchistes des jeunes qui vont devant nous faire leur profession de foi. Oui, chers parents, merci d’avoir conduit vos enfants jusqu’à ce jour. C’est une responsabilité d’être parent. Une responsabilité pas toujours facile. Mais vous l’avez exercé pour votre fils ou votre fille en n’oubliant pas la foi. En leur faisant le cadeau de la foi. Peut être le cadeau le plus précieux pour leur vie en devenir. Car s’il est important d’apprendre pour devenir un bon plombier, médecin, comptable, fermier ou mère de famille, cela ne suffit pas pour vivre ; cela ne suffit pas à combler le cœur et à rendre heureux. Nous le savons : on peut être très riche… et très malheureux. Que faut-il en plus ? C’est ce que demande un jeune homme riche dans l’Evangile à Jésus. Jésus répond « va, vends tout ce que tu as et suis moi ». Autrement dit, toute ta richesse, toute ton intelligence, toute ta bonne réputation ne servent à rien pour ton bonheur, si tu oublies la clé : avoir foi en Jésus Christ, assez de foi pour tout lâcher pour le suivre. Merci à vous donc chers parents d’avoir osé porter vos enfants jusqu’à ce jour de leur profession de foi où ils vont nous rappeler qu’il y a aussi dans nos vies une dimension verticale qui nous tourne vers Dieu, une dimension spirituelle qui nous fait lever les yeux vers le ciel avec confiance. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » dit Jésus. Dans notre monde où l’horizon matériel est si important (travailler plus, gagner plus, avoir plus), fêter ensemble aujourd’hui la Trinité et la Foi nous rappelle que l’essentiel n’est pas là. Que de temps en temps, le plus souvent possible et par exemple chaque dimanche, il est bon de faire une pause et de se tourner vers Dieu dans la prière, à la messe, pour accueillir l’héritage du ciel « Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers » écrit Saint Paul « héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ ». C’est aussi cet héritage que nous avons à transmettre.

Je voudrais m’adresser à vous aussi les jeunes bien sûr. Les adultes peuvent continuer à écouter. Je vais faire attention à être encore compréhensibles pour eux aussi !

Hier, l’Eglise nous invitait à fêter Sainte Blandine. Connaissez-vous Sainte Blandine ? C’était une jeune fille, juste un petit peu plus vielle que vous. Elle vivait à Lyon en 177 après Jésus Christ. Donc il y a très longtemps… Et pas si longtemps après la mort de Jésus (une centaine d’année). La foi en Jésus Christ avait eu le temps de traverser la Méditerranée et d’arriver jusqu’en France qui à l’époque s’appelait la Gaule.  Vous voyez à la messe on fait aussi de l’histoire/géo ! Mais il n’était alors pas facile d’être chrétien car les empereurs de l’époque voyaient d’un mauvais œil se développer cette religion concurrente à la leur et qui se développait très vite notamment chez les esclaves comme Blandine. Comment empêcher d’être chrétien ? Tout simplement, à cette époque où l’on était pas tendre, en les massacrant. En les martyrisant dans les jeux du cirque. Au lieu de prendre des condamnés, des criminels, on offrait comme repas aux lions des chrétiens. C’est qui arriva donc à Blandine avec 46 autres chrétiens de Lyon à l’été 177. Un texte de l’époque nous raconte « qu’ayant survécu à la prison, Blandine fut livrée aux bêtes qui refusèrent de lui faire le moindre mal. Elle fut torturée et dut assister à la mort de ses compagnons. Elle fut ensuite flagellée, placée sur un grill brûlant, puis livrée dans un filet à un taureau qui la lança en l'air avec ses cornes. Ayant survécu au taureau, sainte Blandine fut achevée par le glaive.» Je ne vous raconte pas cela pour vous faire peur. La question est de savoir pourquoi cela est-il arrivé ? Comment Blandine a fait pour tenir dans toutes ses épreuves ? Car on raconte aussi qu’elle restait joyeuse, qu’elle chantait et surtout qu’elle continuait à prier. Ce témoignage vraie de Blandine nous montre une chose : que la Foi peut nous aider à tenir dans les épreuves de la vie. Et même dans les épreuves difficiles. Voilà pourquoi cette Foi à laquelle vous allez dire oui tout à l’heure est importante. Ce n’est pas un truc magique qui nous empêche d’avoir mal. Ca ça s’appelle du Synthol !  Blandine n’était pas Superwoman ! Non : la Foi en Jésus Christ, c’est ce qui nous permet d’être des gens ordinaires avec une force intérieure extraordinaire. Comme au temps de Blandine, c’est parfois très dur d’être chrétien aujourd’hui. Pas facile de dire demain au collège que vous avez fait votre profession de foi. Peut être que des copains vont se moquer… Et même des profs ! Pas plus facile pour vous les adultes de témoigner de votre foi aujourd’hui, de dire demain au travail : hier j’étais pas devant téléfoot… Mais j’étais à la messe. Et pour téléfoot, vous inquiétez pas : on peut le voir en replay ! Plus sérieusement, je crois que nous vivons un peu comme à l’époque des premiers chrétiens. Et ils nous montrent l’exemple. Faut-il avoir peur ? Se taire ? Saint Paul répond : « Frères,
 tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu,
ceux-là sont fils de Dieu.  L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves,
des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils. » Dimanche dernier, plusieurs d’entre vous, je le sais, étaient au stade de la route de Lorient. Pas pour du foot justement (Jonas : « mais maman, c’est quand le matche de foot ? ») mais pour célébrer la Pentecôte avec 25000 autres chrétiens du diocèse. Nous avons reçu cet Esprit qui fait de nous des fils et des filles bien aimés depuis notre baptême, et pour les plus grands notre confirmation. Nous n’avons pas à avoir peur. Voilà le secret de Blandine et de tous les chrétiens depuis 2000 ans. La Foi leur révèle qu’ils ont une force discrète, elle ne se voit pas, mais puissante, parce qu’elle est en nous, qui nous permet de tenir devant tous comme chrétiens avec cette grande joie qui était la notre dimanche à la sortie du stade.

Chers jeunes,
Dans quelques instants, vous allez professez votre foi devant nous. Vous allez nous dire : oui je crois en Dieu le Père qui m’a crée, en Jésus le Fils qui est venu témoigner de l’Amour infini de Dieu pour moi,  en l’Esprit Saint force qui me pousse à vivre en chrétien. Votre foi est cette force. Mais il faut aussi la nourrir, la renforcer. Comment ? 1/ En lisant la Bible 2/ En allant à la Messe et en priant 3/En rencontrant d’autres chrétiens (caté, aumônerie, camps, pélé,…).

Aujourd’hui, Jésus nous redit sa présence au milieu de nous. Dans sa Parole, dans son Eucharistie. Et il nous envoie. Dans le monde. N’ayez pas peur d’être des chrétiens joyeux, fiers, sûrs de votre foi car « Il est avec nous aujourd’hui, demain et jusqu’à la fin du monde ».

Amen !

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