vendredi 15 mai 2015

L’amour toujours l’amour

Homélie 5é dimanche de Pâques. 

Ce matin encore deux lectures font explicitement référence à l’amour… Et je ne peux m’empêcher d’entendre cette critique de certains : « L’amour : les chrétiens, vous n’avez que ce mot à la bouche.»  Et derrière il faut entendre : « ce commandement de Jésus : qu’en faites-vous ? ». Ce reproche n’est peut-être pas infondé.

Durant ma vie de prêtre, j’ai été deux ans dans une paroisse parisienne comme prêtre étudiant. Cela m’a amené à entendre plusieurs fois prêcher le Cardinal LUSTIGER. Il m’est venu cette conclusion. En fait, quelle que soit l’assemblée, la fête, l’Evangile, il revenait toujours à la même chose : il annonçait à cette assemblée qu’elle était aimée de Dieu qui ne sait faire qu’aimer, nous aimer… Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimé. Car « Dieu est amour » , écrit Saint-Jean. « Moi aussi, je vous ai aimé, comme le Père m’a aimé » dit Jésus à ses disciples.

À l’heure où nous tentons, par tous les moyens, de trouver de nouvelles sources d’énergie, en voici une formidable pour notre vie chrétienne : l’amour de Dieu. Cette certitude qui doit être la nôtre, d’être aimé, infiniment aimé. Et ça n’a rien à voir avec l’une de ces caricatures de l’amour que notre société sait si bien mettre en scène. Ce n’est pas de l’amour à l’eau de rose, dégoulinant de bons sentiments. Non, c’est l’amour exigeant car nous relevons ainsi du choix de Dieu. Dieu nous a choisi pour nos aimer : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi… ». Dieu a choisi de nous aimer chacun. Cela change la relation : nous ne sommes plus serviteurs mais amis, nous entrons dans l’intimité du Maître. Nous devons être habités de cette certitude.

Frères et Sœurs, êtes-vous sûr d’être aimés de Dieu ? Car cela change tout. Cela nous donne une vraie assurance dans la vie.

 Hier soir dans une équipe de couples,  un membre disait avec sérieux : « ma vie a changé le jour où j’ai découvert que Dieu était là ». Car Dieu n’est pas un menteur. Il aime « en acte et en vérité ». La phrase de Saint Jean « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi mais moi qui vous ai choisi… » a été pour moi une clé pour ma vocation de prêtre. J’ai entendu Jésus me le dire… Depuis, j’ai confiance. Il m’arrive de me tromper, de douter parfois mais c’est quand j’oublie que Dieu m’aime, qu’Il est l’ami fidèle qui ne déçoit pas ! Saint Louis Marie Grignon de Montfort disait ceci : « Si on ne hasarde quelque chose pour Dieu, on ne fait rien de grand pour Lui ».

Se savoir aimé de Dieu nous aide à oser faire de grandes choses pour Lui. Hier, avec les enfants qui préparent leur première communion, nous sommes passés devant la petite ferme Lemarié où Amélie Fristel débuta son œuvre. En levant le regard, on aperçoit la grande maison mère des Sœurs et Keriadenn.  Qui aurait cru à un tel développement en 1854 ?

Jésus nous le dit et le répète : « Demeurez dans mon amour ». Pourquoi ? Parce que là nous avons le roc sur lequel bâtir une maison solide et durable, faire de choix solides et durables. C’est sur ce roc de l’amour de Dieu que l’on doit construire une communauté chrétienne, notre communauté chrétienne, afin qu’elle soit signe, qu’elle porte du fruit, un fruit qui demeure. Être aimé nous commande d’aimer à notre tour !


Je voudrais tant que vous sentiez cette force d’amour et qu’elle brille dans vos yeux en sortant de cette église ce matin. Que ceux qui vous croisent, disent : « Voyez comme ils s’aiment ». Plus qu’une condition ou un commandement, Jésus nous laisse un défi : aimer à mesure de son amour sans mesure, sans limite, sans frontière !

samedi 2 mai 2015

Devenir disciple.

Homélie 5é dimanche du Temps de Pâques : Devenir un disciple.

« Ce qui fait la gloire de mon Père, dit Jésus, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples ».
Frères et Sœurs, et si Jésus d’adressait ce jour aussi à nous ? Il nous dit, écoutez-bien, « pour que vous soyez des disciples ». Il ne dit pas au présent : ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous êtes des disciples. Cela veut peut être dire que Jésus constate que nous avons encore du chemin, comme ses auditeurs de l’époque, pour être vraiment un disciple. Comme Saul… Celui que nous appelons familièrement Saint Paul et qui est pour nous un peu l’apôtre modèle. Nous voyons qu’au début, il lui a fallu faire ses preuves !
C’est donc notre mission à tous : devenir disciples, grandir dans cette condition de disciples du Christ pour faire la gloire du Père et porter alors du fruit. Quelque soit notre âge, il me semble juste de nous rappeler que nous avons toujours à progresser. Ainsi j’entends parfois ces belles confidences d’hommes ou de femmes ayant quelques dizaines d’années de plus que moi et reconnaissant qu’ils ne sont pas parfaits ! Qu’ils peuvent encore grandir en sainteté… Oui, quelle belle humilité. Voulez-vous donc être disciple ?

Alors interrogeons le Christ : comment être disciple ? Réponse simple de Jésus : « demeurez en moi ». Être greffé au Christ, comme les sarments sont greffés à la vigne, afin qu’ils vivent et portent du fruit. Saint Jean traduit dans la 2é lecture : « mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres. » Oui, je crois que la première chose à nous rappeler et surtout à vivre, c’est notre union au Christ. L’avoir comme notre référence ultime. Comme Saul qui avait vu le Seigneur dans cette rencontre bouleversante et décisive. Rien ne peut le remplacer. JP II écrivait à propos de la catéchèse : «  le but définitif de la catéchèse est de mettre quelqu'un non seulement en contact mais en communion, en intimité avec Jésus-Christ. » Chers amis, interrogons-nous : quelle intimité je vis avec le Christ ? Est-ce que je lui parle ? Est-ce que je l’écoute ? Lorsque nous allons communier tout à l’heure, nous allons nous nourrir de cette intimité. Autrement dit, il n’y a pas de vrai disciple qui n’ait pas Jésus pour ami. J’aime beaucoup cette icône copte où l’on voit Jésus posant son bras sur l’épaule de celui qui est à côté de Lui : un disciple sûrement ! La première condition pour être disciple est donc l’intimité avec le Christ.

La deuxième condition : c’est d’aimer ! « N’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » rappelle Saint Jean. « Celui qui garde ce commandement demeure en Dieu ».  

Celui qui fréquente le Christ, découvre tout l’amour qu’Il nous porte et veut en être le témoin. « Aime et dis le par ta vie » écrit un chrétien des premiers siècles. La troisième condition : c’est le témoignage. Le disciple ne peut rester muet. « Saul, quant à lui,  s’exprimait avec assurance au nom de Jésus. ». Peut être est-ce là que nous pourrions porter notre effort ! Témoigner de l’amour de Dieu. Un prêtre rencontré cette semaine, nous proposait d’avoir toujours prêt un rapide témoignage expliquant notre foi car « soyez toujours prêts à rendre témoignage avec douceur et respect devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » invite Saint Pierre. Savons-nous raconter avec simplicité ce que la rencontre du Christ a changé en nous et autour de nous ? Comment nous avons compris que nous avons besoin de Lui ? Quelle parole m’a touché et me fait vivre ? Le disciple est toujours missionnaire « afin qu’il porte du fruit ! ».

Frères et Sœurs,
Demeurez en Christ !
Aimez comme Il aime !
Dites le par toute votre vie !
                                                                        Amen !