Le don des langues !

Yann d'Argent, Cathédrale de Quimper

Homélie du dimanche de Pentecôte

24 mai 2026 – Ma Maison – Saint Pern

 

Frères et sœurs,

Connaissez-vous l'admirable cathédrale de Quimper ? Elle a été rénovée dans les années 1990 à 2000, lui redonnant un éclat très coloré. Assez étonnant dans notre région, plutôt connue pour la sobriété de ces pierres granitiques. Si vous y allez et que vous avancez au fond à gauche, juste en face de l'entrée de la sacristie, vous allez pouvoir admirer un immense tableau. Sur celui-ci est illustré un miracle : le don de la langue bretonne au père Julien Maunoir.

 

Mais peut-être faut-il raconter cette histoire ? Julien Maunoir est né en 1606 à Saint-Georges-De-Reintembault en Ille-et-Vilaine. Au Nord du département, entre Fougères et le Mont-Saint-Michel. Donc dans une région de Bretagne où traditionnellement on ne parlait pas Breton. Julien va faire ses études à Rennes pour devenir prêtre jésuite. Et il sera envoyé à Quimper, dans cette région où justement on parle Breton. Pour évangéliser, il lui faut donc parler cette langue qu'il ne connaît pas. La légende, reproduite sur le tableau, raconte qu'il a reçu cette compétence en une nuit. Apporté par un ange.

 

Mythe ou réalité ? Pourquoi ne serait-ce pas vrai ? Nous avons entendu dans la lecture des actes des apôtres. Ce qui est arrivé à tous ceux qui étaient rassemblés à Jérusalem pour cette première Pentecôte. Bien que parlant des langues différentes, tous se comprenaient : « Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu » s’étonnent-ils. L'Esprit-saint donne cette capacité extraordinaire, donc de parler la langue de Dieu.

 

Frères et sœurs, je voudrais donc ce matin que nous apprenions nous aussi cette langue. N'ayez pas peur, c'est bien plus facile que de parler l'anglais ou l'allemand. Cette langue nous permet donc de dire les merveilles de Dieu. En fait, cette langue, nous la connaissons déjà, nous la possédons déjà, elle est en nous. Mais bien souvent, nous l'avons oublié. Parce que nous ne la pratiquons pas assez. Or, vous le savez, pour apprendre une langue et bien la parler, il faut la pratiquer. Je vous invite donc à pratiquer la langue de l'Esprit Saint.

 

Comment ? En regardant les choses, les autres, le monde autrement, avec le regard de Dieu. « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre » avons-nous chanté avec le psalmiste. Certes nous savons combien notre terre a besoin de renouveau. Les guerres, les violences, le changement climatique, tout cela peut envahir notre esprit. La maladie, le deuil, son source de tristesse et peut-être même de souffrance. Comme d'ailleurs pour les disciples de l'Évangile. Il se réunissent, ils sont enfermés après la mort de Jésus. Sûrement pas le moment le plus heureux et joyeux. Ils sont enfermés et surtout, leur cœur est verrouillé. Puis Jésus est là, au milieu d’eux. Leur tristesse se change alors en joie. Et ils vont annoncer la bonne nouvelle partout autour d'eux en recevant l'Esprit-saint qui leur apprend une nouvelle langue, la langue des merveilles de Dieu.

 

Ça, c'était avant hier. Bienheureux Julien Maunoir, c'était hier. Et aujourd'hui ? Aujourd'hui, Dieu est toujours là, au milieu de nous. Mais savons-nous le voir ? Et savons-nous en témoigner. Se plaindre est toujours plus facile. En revanche, dire ce qui va bien l'est beaucoup moins. Vous connaissez le proverbe africain qui dit qu'un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse ! D'ailleurs, à ce propos, Regardez autour de vous. Ici, à Saint Pern, la nature au printemps est magnifique. Nous pouvons en rendre grâce. Dans cette maison où vous vivez, il y a sûrement aussi des belles choses, des belles personnes. Mais en parlez-vous ?

 

Je voudrais vous partager une bonne nouvelle parmi d'autres ? On parle beaucoup du manque de prêtres et c'est vrai. Depuis plus de 20 ans, vous savez que nous sommes vos voisins avec la maison Charles de Foucauld. Chaque année, vous observez. 10, 15, 20 jeunes de tout l'Ouest de la France. L'année dernière. Ils étaient seulement 4. Mais cette année, ils sont dix-huit. Et l'année prochaine, ils seront sans doute encore plus. Et pas seulement ici, mais aussi dans toutes les maisons de France comme la nôtre. Je sais qu'il y a beaucoup, beaucoup de demandes. On n'a jamais vu cela depuis très longtemps.

 

Ainsi Dieu agit, Dieu est bien là, au milieu de nous. Alors, chers amis, soyons très concrets. Ce midi, lors du déjeuner, dans vos discussions de table, je vous invite à essayer de dire une bonne nouvelle pour vous, pour votre famille, pour un événement ou une personne autour de vous. Je vous invite à trouver quelque chose qui va bien et à le dire. Je vous invite donc à parler cette langue étrange qui est la langue de Dieu, la langue des merveilles de Dieu. Et je vous promets que c'est possible. Je l'ai expérimenté parfois avec des personnes en grandes difficultés. Capable pourtant de dire les merveilles de Dieu.

Frères et sœurs, demandons à l'esprit de Pentecôte de descendre sur nous, de transformer notre regard, notre cœur, afin que nous sachions voir les merveilles de Dieu. Et surtout que nous sachions témoigner.

 

Amen !



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