jeudi 1 novembre 2012

La sainteté : c'est maintenant !






Homélie pour la fête de la Toussaint – 2012


Frères et Sœurs,

Gros titre du journal Ouest France hier pour St Malo sur le nouveau Crématorium, enfants déguisés en sorcières qui se promènent dans les rues et vont de portes en portes pour récolter des bonbons, vendeurs de chrysanthèmes qui pullulent sur les trottoirs… Avec tous ces signes contradictoires, comment fêter encore la Toussaint ? Et surtout comment bien entrer dans le message de cette fête si entremêlée avec la commémoration qui la suit immédiatement de tous les fidèles défunts le 2 novembre ? Bien sûr, les 2 ont un lien. Ce n’est pas complètement par hasard que ces deux célébrations se succèdent. En effet, ceux qui nous ont quittés sont, nous l’espérons, dans cette foule immense évoquée par le livre de l’Apocalypse. Ces gens vêtus de blanc sont les baptisés qui ont connu la grande épreuve de la mort et sont auprès de Dieu comme des Vivants. Ils partageront alors la Sainteté de Dieu, de manière pleine et entière ou dans des étapes de purification. Mais voilà bien la grande difficulté : de penser que la sainteté est réservé à l’au-delà. Qu’elle n’est pas pour nous. Je dis dit bien : « qu’elle n’est pas pour vous et moi. » Pour reprendre une expression célèbre : la sainteté, c’est comme les autoroutes. On trouve cela très bien. Mais si ca passe dans le jardin du voisin ! Or si le ciel est rempli de sainteté et donc de saints, à commencer par Dieu lui-même, qui est en vérité le seul Saint de qui nous tenons tout, l’Eglise tient à professer de manière constante la communion des Saints, c’est à dire un rapport étroit entre ces Saints du ciel dont un certain nombre ont reçu une reconnaissance officielle de l’Eglise par leur canonisation et nous mêmes, encore en pèlerinage sur la terre vers la Cité Sainte. « Car tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ » déclare le Concile Vatican II. Et si les saints du Ciel prie pour nous : « je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » dit Sainte Thérèse de Lisieux, nous sommes invités à les rejoindre dans la sainteté. Dès maintenant, pas demain. « Santo subito » pouvait-on lire sur la place Saint Pierre après le décès de celui qui est maintenant déjà le Bx Jean Paul II.

Pour nous aussi, chers amis, la sainteté : c’est maintenant ! Et ce n’est ni une promesse électorale, ni un slogan politique. Mais là encore un message du Concile Vatican II qui dans son texte sur l’Eglise lance un vibrant appel universel à la sainteté : « A travers les formes diverses de vie et les charges différentes, il n'y a qu'une seule sainteté cultivée par tous ceux que conduit l'Esprit de Dieu et qui (...) marchent à la suite du Christ pauvre, humble et chargé de sa croix, pour mériter de devenir participants de sa gloire » LG 41. Quand je parle de cela avec les chrétiens, beaucoup me disent oui poliment… Mais en pensant que cela ne le concerne pas. Frères et Sœurs : je vous le demande solennellement aujourd’hui : voulez-vous être saints ? Car l’histoire de l’Eglise nous apprends que d’abord il faut commencer par le vouloir. Ainsi Saint Ignace de Loyola, lisant la Légende Dorée de J. de Voragine (racontant la vie de 150 saints et saintes) durant sa convalescence de soldat a ressenti en lui que là était sa vocation. Ainsi aussi Sainte Thérèse de Lisieux et d’autres encore. Une première étape est donc là. Insuffisante bien sûr. N’ayez donc pas peur d’être des saints, des saints pour aujourd’hui, des saints de l’ordinaire et du quotidien. Tous sont passés par là. J’aime évoqué, vous l’avez déjà compris sans doute, notre sainte locale, Sainte Jeanne Jugan par exemple. Pas seulement parce que les Petites Sœurs des Pauvres ont été pour moi une vivante image de l’hospitalité pendant 4 ans, mais aussi pour nous redire que la sainteté est proche. Alors que la Révolution faisait rage, une petite bonne femme, mue par sa foi profonde a décider d’aider une vieille femme malade… et ainsi de suite.

Un spirituel du siècle dernier écrivait que « La « grande » sainteté est dans l’accomplissement des petits devoirs de chaque instant. » Nous pouvons être des saints car cela n’a rien à voir avec devenir des supers héros. Nous ne sommes pas dans le monde de Stars Wars, même s’il s’agit peut être de briller comme une étoile. « Faire tout par Amour ! Voilà le chemin de la sainteté, le chemin du bonheur. C'est de ce point de vue que tu dois affronter tes tâches intellectuelles et les occupations les plus hautes de l'esprit, et les choses qui te semblent très à ras de terre, celles que nous devons tous accomplir par nécessité. Et tu vivras alors dans la joie et dans la paix. » Etre saint dans les activités les plus hautement spirituelles comme dans les plus terre à terre. Nous le savons, la petite sainte de Lisieux cultivait sa sainteté en passant le balai dans le cloître du Carmel. Ainsi on ne peut pas être saint si on ne passe jamais le balai ! Ne me dites pas que cela est bien compliqué ! Boutade mise à part, Jésus indique le chemin dans la grande Loi évangélique des Béatitudes : être doux, avoir faim et soif de justice, être miséricordieux, artisans de paix. Chers amis, aujourd’hui, je voudrais que nous sortions tous de cette église en souhaitant marcher vers la Sainteté. Faire partie de cette foule d’amis, hommes et femmes, qui depuis 2000 ans nous ont précédés et sont pour nous des exemples. Et parce cela n’est pas toujours évident : faites vous des saints des amis. Connaissant leur histoire, fréquentant les lieux où ils ont vécu, lisant des témoignages, ayez votre petit Panthéon personnel peuplé de quelques témoins qui vous plaisent particulièrement. Patrick, Yves, Amélie, Marie bien sur. Chacun trouvera ceux qui lui vont bien et qui l’entraineront sur le chemin de la sainteté. « N'ayons pas peur de tendre vers le haut, vers les sommets de Dieu, écrit Benoit XVI, n'ayons pas peur que Dieu nous demande trop, mais laissons-nous guider dans chacune de nos actions quotidiennes par sa Parole, même si nous nous sentons pauvres, inadéquats, pêcheurs : c'est Lui qui nous transformera selon son amour. »

Oui, n’ayons pas peur de la sainteté. Car c’est elle qui nous rendra véritablement heureux, bienheureux comme le dit et le répète Jésus dans l’évangile de ce jour. Oui, réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse car votre récompense sera grande dans les cieux.

Amen !





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