samedi 6 décembre 2014

Homélie 2é dimanche de l’Avent - B
 
« Préparez les chemins du Seigneur ! »… Le prophète Isaïe d’abord… puis Jean le Baptiste surement… et l’Evangéliste Marc nous claironne en ce temps de l’Avent : « préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » Toute la ville, les commerces, les maisons se préparent à Noël. Cette semaine, j’ai fait les crèches du presbytère et mis quelques décorations de Noël. Mais est-ce vraiment se préparer ? Suis-je prêt ? Sommes-nous prêts à la venue du Christ en ce monde ? Car voilà la question du jour. Comment nous sommes-nous préparés à accueillir l’Homme-Dieu, le Semeur d’Espérance ? Vous connaissez peut être la devise des scouts  de Baden Powell « be prepared » « toujours prêts » ! C’est une belle devise spirituelle aussi. Chez les scouts, c’est être prêt à rendre service, la BA quotidienne. C’est sûrement pas mal d’être toujours prêt à rendre service. Mais peut être pas suffisant car, heureusement pour nous, ca peut arriver à tout le monde… même à des non-croyants. Car il n’y a pas que les catholiques à être serviables ! Je pense à ces beaux élans de solidarité qui marquent particulièrement ces périodes de fin d’année. La collecte de la Banque Alimentaire la semaine dernière par exemple. Les malouins ont montré qu’ils savaient donner à plus nécessiteux qu’eux-mêmes, alors même que la crise frappe de plus en plus de monde. Vivre concrètement la solidarité est très clairement une manière de préparer le chemin du Seigneur, de faire advenir ici et maintenant le ciel nouveau et la terre nouvelle que nous attendons. « L’indifférence envers ceux qui sont dans le besoin n’est pas  acceptable pour une personne qui se dit chrétienne. » écrivait dans son tweet le Pape François le 6 novembre dernier. Et on sait combien il est sensible à cette attention. En ce sens, je me réjouis de l’initiative de la Table Ouverte de dimanche prochain où des paroissiens accueilleront sous l’église ND des Grèves, ceux qui ne veulent pas déjeuner tout seul ce dimanche midi. On construit la communauté chrétienne et la communauté humaine par de telles initiatives fraternelles. Ainsi se prépare les chemins du Seigneur.

Mais il me semble que nous devons allez plus loin. Pour préparer les cœurs, Jean-Baptiste, le précurseur, proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Saint Pierre écrit dans sa lettre que le Seigneur prend patience de l’avancée lente de son Royaume. Mais parce qu’« Il veut que tous parviennent à la conversion ». Deux éléments dans cette phrase.

Il veut que TOUS parviennent. Il est question de l’extension de la conversion. Elle doit être proposée au plus grand nombre. Elle n’est pas faite pour quelques purs qui se sauveraient d’un monde mauvais. Méfions-nous : c’est une tentation actuelle. Les chrétiens ne sont pas les derniers des mohicans, qui tels les indiens, vont se réfugier dans une réserve… pour s’éteindre en paix. Ce que je décris peut sembler ridicule ou outrancier mais certaines attitudes vont dans ce sens. Et si nous sommes minoritaires dans la société française actuelle, cela ne doit avoir qu’un seul effet : nous renforcer dans l’idée d’évangéliser, de porter la Bonne Nouvelle. « Elève la voix avec force, toi qui porte la Bonne Nouvelle » proclame Isaïe. Notre Eglise, nos paroisses, nos communautés, nous-mêmes devons être mobilisés pour être témoins d’Evangile. Il s’agit d’être une Eglise « en sortie » comme la qualifie le Pape François. Ne nous cachons pas !  Jésus est le centre de notre vie. Il illumine et donne sens à nos vies : alors pourquoi le cacher ! Jean Baptiste s’est-il caché malgré ses choix de vêtements ou de nourriture un peu extrême ? Il semble que, bien que dans le désert, il était très entouré.  « Le temps de l’Avent nous apporte l’espérance, une espérance qui ne déçoit pas. Le Seigneur ne déçoit jamais. » rappelle encore le Pape François. Tous ont besoin d’espérance. Soyons semeurs d’Espérance.

Mais il faut encore aller plus loin ou plutôt plus profond. Qu’est-ce qui montrera à tous la force de la foi ? Notre sourire ? Sûrement et ce n’est pas négligeable. « Un saint triste est un triste saint » dit l’adage. Mais ce sourire doit aller avec un cœur souriant ! Il doit être vrai. C’est à dire le reflet de notre « intérieur ». Rappelons la phrase de St Pierre : le Seigneur « veut que tous parviennent à la conversion. » Il s’agit donc de conversion, d’ancrer intimement en nous (d’où l’ancre dans le logo de l’année de l’Espérance) le cœur à cœur avec le Christ. « Parlez au cœur » dit Isaïe. « Voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et l’attachement à Dieu » écrit saint Pierre. Préparez le chemin du Seigneur, c’est, sans cesse, avec patience se convertir chaque jour un peu plus, un peu mieux. Le Seigneur nous connaît. Il sait que nous sommes des femmes et des hommes aux cœurs durs (nous ne sommes pas bretons pour rien !) mais qui peuvent changer… reconnaître leurs péchés et se convertir. Quelle joie au ciel pour un seul pécheur pardonné ! Soyons témoins d’Espérance jusque dans les profondeurs de l’homme, de nos cœurs. Ecartons le mal pour faire le bien !

Frères et Sœurs,
Au boulot ! Il faut préparer les chemins du Seigneur. Aplanir les routes, rendre droits les sentiers en vivant une fraternité concrète et quotidienne. Il faut aussi préparer nos cœurs, nous habiller intérieurement pour la fête qui vient. « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ » chante une belle hymne baptismale. N’attendons plus. Soyons prêts à la Rencontre !

Amen.


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