mardi 16 octobre 2012

Actualité d'un anniversaire


Homélie 28é dimanche du T.O.

Frères et Sœurs,

Avec tout notre diocèse, et avec l’Eglise Universelle, nous avons inauguré jeudi dernier l’Année de la Foi voulue par le Saint Père. Elle commence alors que nous fêtons le 50é anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. C’est donc à partir de ces deux évènements liés que je voudrais construire cette homélie.

1.     Que s’est-il passé le 11 octobre 1962 ? Vous me direz que je suis mal placé pour répondre car ce jour-là… je n’étais conçu que dans le cœur de Dieu. Mais nous savons bien que 2400 évêques et cardinaux du monde entier se sont retrouvés à Rome, au Vatican pour ce que le Pape Jean XXIII souhaitait être « une nouvelle Pentecôte » sur l’Eglise. Par son ampleur et sa portée, le Concile VII est l’événement majeur de l’histoire récente de l’Eglise.

2.     Qu’a t-il produit ? Au cours des sessions qui s’étendront jusqu'au 7 décembre 1965, Les Pères vont produire des textes qui forment un épais volume. Textes qui veulent orienter toute la vie de l’Eglise. Et pas seulement la liturgie. Il serait donc très réducteur de penser que le Concile Vatican II n’a fait que changer la liturgie. Car la réforme liturgique avait été préparée dans les années précédant le Concile. Il y a donc quatre types de textes selon leur importance : constitutions, décrets, déclarations ou messages. Parcourons le sommaire ensemble. LG / DV / SC / GS les quatre constitutions conciliaires, qui "sont comme les points cardinaux de cette boussole": Sacrosanctum Concilium sur la liturgie, qui rappelle la primauté de l'adoration et le caractère central du mystère christique, Lumen Gentium, document dogmatique qui rappelle que l'Eglise a pour premier devoir la glorification de Dieu, Dei Verbum, consacré à la Révélation, à la Parole vivante de Dieu qui convoque l'Eglise et la vivifie à travers le temps, Gaudium et Spes, consacrée à la façon de porter au monde la lumière reçue de Dieu. » Puis décrets…puis déclarations… puis messages. Vous voyez ainsi l’étendue du travail. On parle quasiment de tout et de tous : Le Pape, les évêques, les prêtres, les religieux, religieuses et les laïcs, un « seul peuple de Dieu choisi par lui. »
3.     Ces textes, les chrétiens ne les connaissent pas forcément très bien. Ils ont orienté l’Eglise depuis 50 ans… Et ils n’ont pas fini de le faire. Durant les trois prochaines années, dans notre diocèse, nous sommes invités à travailler ensemble les plus importants de ces textes. Cette année, c’est Dei Verbum sur la Révélation Divine, la Sainte Ecriture (formation avec Mme Oberthur). Ecoutons le Bx JP II nous dire l’actualité du Concile au début de l’actuel millénaire : « Chers frères et sœurs, quelles richesses le Concile Vatican II ne nous a-t-il pas données dans ses orientations ! (…) À mesure que passent les années, ces textes ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l’intérieur de la Tradition de l’Église. Alors que le Jubilé est achevé, je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du (XXIé) siècle. »

Cet anniversaire ne doit donc pas être simplement le rappel d’un bon souvenir passé ou l’occasion de rappeler le bon temps du Concile en croyant qu’il est définitivement révolu. Non. Il nous faut continuer à travailler les textes du Concile qui continue à conduire l’Eglise aujourd’hui comme une boussole fiable. Benoit XVI a d’ailleurs repris cette expression parlante pour les marins de St Malo :" Aujourd'hui encore ils constituent une boussole permettant à la barque de l'Eglise de naviguer en haute mer, en eaux calmes comme en tempête, vers un port sûr. Le Concile Vatican II, a conclu Benoît XVI, "constitue pour nous un fervent appel à redécouvrir jour après jour la beauté de la foi, à en approfondir la connaissance en vue d'un rapport plus intense avec le Seigneur, à vivre pleinement notre vocation chrétienne".

C’est justement pour éviter le côté « année du Souvenir » que nous entrons aussi dans l’Année de la Foi. Benoit XVI nous stimule pour « confesser la foi en plénitude avec une conviction renouvelée, avec confiance et espérance. ». Les évêques de France avaient bien expliqué cela il y a qq années en commentant l’invitation de Jésus dans l’Evangile à « avancer au large ». « Les termes qui expriment cet appel dans l'Evangile de Luc supportent une double traduction: "Avance en eau profonde" ou bien "Va au large" (cf. Lc 5,4). Dans l'expérience de l'apôtre Pierre, ces deux mouvements se révèlent inséparables : celui ou celle qui se laisse entraîner, par la foi, dans la profondeur du mystère de Jésus crucifié et ressuscité, se trouve, d'une manière ou d'une autre, envoyé dans le monde pour y annoncer l'Evangile. La largeur de la mission ne peut pas être dissociée de la profondeur de la foi. » Il s’agit donc pour nous de cultiver en profondeur. De vérifier que nos racines chrétiennes personnelles sont dans de la bonne terre, de la retourner si besoin pour l’aérer. D’y mettre un peu d’engrais par la formation, la lecture de la Bible, d’un texte du Concile pourquoi pas, de « renouveler notre joie et notre enthousiasme de la rencontre du Christ » selon les mots du Saint Père. Concrètement comment allons-le faire dans notre diocèse ? Notre archevêque nous invite à appeler des « ambassadeurs de la foi » : homme ou femme, laïc, religieux, religieuse, famille, personne en fragilité ou malade, jeune qui est témoin de la lumière de la foi qui l’habite. Ces ambassadeurs sont invités à susciter des rencontres fraternelles où chacun sera invité à nourrir sa foi dans la joie de l’échange. Dans notre paroisse, où je viens d’arriver, j’ai commencé à appeler quelques personnes. Beaucoup trop peu. Aussi, l’appel va se poursuivre dans les semaines qui viennent afin que nous soyons 30, 40 peut être 50. Et qu’ainsi autant de rencontres fraternelles puissent avoir lieu. L’envoi se fera le 1er dimanche de l’Avent. Si, comme dans un instant, nous avons l’habitude de proclamer notre foi ensemble, les occasions sont peu fréquentes de dire entre nous ce qui vraiment nous fait vivre, de retourner aux sources de notre foi, de nous dire tout ce que le Seigneur a fait d’apparemment impossible dans notre vie.
Humblement ensemble nous prenons ce chemin. Nous serons toujours guidés par la Parole de Dieu, vivante, énergique, plus tranchante qu’un glaive. Nous voulons approfondir ce don de la Grâce divine reçue à notre baptême et qui chaque jour de notre vie, quelque soit notre âge et notre expérience, doit grandir, s’affermir. Qu’elle avait raison cette personne d’un certain âge qui me disait l’autre jour : « dans la Foi, on ne finit jamais d’apprendre ! »
Chers amis,
Oui aujourd’hui, je vous invite à franchir la porte de la foi.

«La porte dela foi» (cf. Ac 14, 27) qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. Traverser cette porte implique de s’engager sur ce chemin qui dure toute la vie. Il commence par le baptême (cf. Rm 6, 4), par lequel nous pouvons appeler Dieu du nom de Père, et s’achève par le passage de la mort à la vie éternelle, fruit de la résurrection du Seigneur Jésus qui, par le don de l’Esprit Saint, a voulu associer à sa gloire elle-même tous ceux qui croient en lui (cf. Jn 17, 22). Professer la foi dans la Trinité – Père, Fils et Saint-Esprit – équivaut à croire en un seul Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 8) : le Père, qui dans la plénitude des temps a envoyé son Fils pour notre salut ; Jésus-Christ, qui dans le mystère de sa mort et de sa résurrection a racheté le monde ; le Saint-Esprit, qui conduit l’Église à travers les siècles dans l’attente du retour glorieux du Seigneur. »

La porte est grande ouverte pour chacun de nous. Resterons nous à la porte ? Où ferons-nous comme le jeune homme de l’Evangile qui s’éloigne du Christ, tout triste, enfermé dans ses richesses ? Où oserons-nous joyeusement franchir le Seuil ? Le Christ nous y invite. Le Christ nous y attend.

Amen !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire