samedi 27 octobre 2012

Bondir vers Jésus


Homélie 30é dimanche T.O. B

Frères et Sœurs,
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Je terminais mon homélie la semaine dernière un peu de la même manière. En invitant chacun de nous à nous mettre au service les uns des autres. Aujourd’hui, je voudrais que nous entendions comme l’aveugle de l’Evangile, Jésus nous demander : « que veux-tu que je fasse pour toi ? » Etonnante question déjà dans ce récit. Jésus sait très bien ce que veut cet homme. Il le sait d’autant mieux que son handicap n’est pas difficile à trouver : il est aveugle. Cela ne peut être ignoré de personne. Et pourtant, l’ayant entendu l’appeler de toutes ses forces et l’ayant fait venir à Lui, il lui demande : « que je veux-tu que je fasse pour toi ? ».  Cette question est essentielle. Nous le savons bien. Dans tous les récits de guérison, nous pouvons en retrouver une trace. Jésus ne sélectionne pas ceux qu’il doit guérir sur des critères humains de bienséance, de richesse, d’honorabilité. Non. Il n’y a qu’une condition, un seule épreuve : celle de la foi. Le « que veux-tu que je fasse pour toi ? » peut donc être traduit en « qu’est-ce que ta confiance en moi va te permettre de me demander ? » : « Rabbouni, maitre, que je voie ». La confiance de l’aveugle est totale puisqu’il demande ce qui lui manque le plus : voir. Et même voir Jésus ! En cette année placée sous le signe de la foi, comment ne pas relever ce beau témoignage de foi présent dans l’Evangile de ce jour ? Bartimée est sûrement pour nous un modèle. Essayons de voir en quoi. « je sais en qui j’ai mis ma foi » écrit Saint Paul à Timothée. De même, Bartimée, se met à crier car il sait que c’est Jésus qui passe. Il sait que c’est ce messie dont il a déjà entendu parler. Et cela l’a mis en confiance. Le premier mot qu’il adresse est bien d’ailleurs d’appeler Jésus par son nom « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ». Et de le mettre dans une filiation prestigieuse, populaire pour le Messie. Voilà un premier point important. Nous vivons une époque où, selon les sociologues, chacun rempli son caddie à sa guise dans le supermarché de la foi. On parle aussi de bricolage religieux. Je prends telle chose dans le christianisme, telle chose dans le bouddhisme, etc… et je me construis ma petite foi personnelle et portative. Notre foi catholique ne fonctionne pas tout à fait comme cela. Elle sait la valeur de la liberté individuelle. Et d’ailleurs, elle en est un peu à l’initiative en reconnaissant le caractère sacré de tout individu, image de Dieu. Mais dans notre « boutique catholique », il y a des incontournables. Le Christ en est un. Il est même le point central de notre foi. Ainsi la lettre aux hébreux que nous lisons ces semaines, évoque son caractère central en faisant de lui le grand prêtre, « chargé d’intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ». Vous me direz peut être que tout cela est évident. Tant mieux. Mais il est parfois des évidences qu’il faut rappeler. Benoit XVI l’évoque dans sa lettre pour ouvrir l’Année de la Foi : «(il s’agit de) redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ (…) Comme la samaritaine, l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive (cf. Jn 4, 14). Nous devons retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu, transmise par l’Église de façon fidèle, et du Pain de la vie, offerts en soutien de tous ceux qui sont ses disciples (cf. Jn 6, 51) (…) Croire en Jésus Christ est donc le chemin pour pouvoir atteindre de façon définitive le salut. » Sans cesse, il nous faut donc nous relier au Christ, bondir jusqu’à Lui. Posons-nous la question : quand est-ce que j’ai fait appel à Jésus pour la dernière fois ? Comment je nourris ma relation au Christ chaque jour ? Les moyens sont simples : lecture de l’Ecriture Sainte, communier au sacrement de l’Eucharistie… Et si je me suis éloigné de Dieu, recevoir la miséricorde de Dieu dans le sacrement du Pardon. Un temps y sera consacré cette semaine avant la fête de la Toussaint, mardi soir de 18h à 20h. dans l’église de Paramé. Nous le ferons avec un temps d’adoration eucharistique, autre moyen d’entrer dans un cœur à cœur avec le Seigneur, présent dans son Eucharistie. Si nous sommes conscients de tout ce que peux faire Jésus pour nous, nous ne pouvons que bondir et courir vers Lui. Etre dans la même grande joie que le peuple d’Israël du livre de Jérémie qui découvre que Dieu sauve son peuple de l’esclavage, qu’il les ramène vers les eaux tranquilles par un bon chemin. Parce que nous approchons du Christ, nous sentirons alors que nous avons besoin d’être guéri par Lui, sauvé par Lui. Oui, chers amis, prenons au sérieux cette question de Jésus pour nous : « que veux-tu que je fasse pour toi ? ». « Rien. J’ai tout Seigneur ». Alors « l’homme repartit tout triste car il avait de grands biens ». Quelle différence avec Bartimée ! Car au contraire, ayant retrouvé la vue, il décide de suivre Jésus sur la route. Ayant eu cette rencontre bouleversante avec Jésus, il n’a qu’une envie : le suivre, devenir disciple. Or c’est bien ce que nous cherchons tous : être de bons disciples, n’est ce pas ? Le secret que nous révèle Bartimée aujourd’hui, c’est de courir vers Jésus. Pas d’autre moyen. Ouvrir, tourner les yeux vers Lui qui nous indique le chemin, qui est Le chemin, la vérité et la vie. Benoit XVI écrit : « la foi grandit et se renforce seulement en croyant ; il n’y a pas d’autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s’abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d’un amour qui s’expérimente toujours plus grand parce qu’il a son origine en Dieu. » Le premier et essentiel détour auquel je vous invite dans cette année de la Foi est de prendre résolument le chemin du Christ, de tenir notre regard fixé sur Lui, « terme et origine de la foi ». Approfondissez encore votre foi en Lui, seul capable de tous nous sauver. Alors nous entendrons le Christ nous dire : « Va, ta foi t’a sauvé ».

Amen !
   

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