dimanche 8 septembre 2013

Faire Sa volonté !

Homélie 23é dimanche du T.O.

Frères et Sœurs,
Quand nous entendons Jésus nous dire dans l’Evangile de ce jour : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » ; devant cette parole répétée et extraordinairement exigeante, nous pouvons nous poser la même question que l’auteur du livre de la Sagesse, notre première lecture : « Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? ». Car devant la radicalité du choix demandé par le Christ à ses disciples, nous pouvons légitimement nous dire : qui en sera capable ? Qui peut ainsi répondre et renoncer à tout, tout quitter pour être le vrai disciple de Jésus ? Bien sûr, nous avons peut être quelques exemples qui nous viennent en tête de religieux, de saints que nous admirons. Tel Saint François d’Assise rendant jusqu’à ses vêtements à son père pour épouser publiquement Dame Pauvreté et son choix de vivre l’Evangile sans compromission aucune. Tout cela est très beau. Mais nous n’en sommes pas vraiment. Reconnaissons honnêtement que la majorité d’entre nous n’a pas atteint ces sommets de la foi chrétienne. Sommes-nous donc incapable d’être des disciples ? Devons-nous baisser les bras, fermer nos oreilles et attendre que la tempête passe… et que le prédicateur se taise ! Jésus ne parle t-il que pour les autres ? Car avouons-le ensemble, nous n’avons pas vraiment tout quitté pour le suivre. Nous ne sommes pas comme saint Paul qui rends à Philémon son esclave qui pourtant et alors qu’il était en prison lui rendait de grands services et sans doute le soutenait dans son épreuve. Mais Paul ne le garde pas pour lui. De cet esclave, il fait même un chrétien libre, il l’affranchit et il a cette belle formule pour Philémon : « accueille-le comme si c’était moi. ». Bel exemple de détachement, de liberté pour répondre à l’appel du Christ.

La méditation de cet évangile un peu sévère m’amène donc à deux réflexions.

La première est plus personnelle. Mais je crois bon de vous la partager. En ce début d’année pastorale, je n’ai pas pu m’empêcher de faire résonner l’appel du Christ à renoncer à ce à quoi nous sommes attachés par amour pour Lui de ma situation. Vous le savez maintenant, cette année une deuxième paroisse m’est confiée. Et pour faciliter les choses à l’autre bout de Saint Malo. S’il n’avait tenu qu’à moi et mes envies, je serai sans doute rester bien tranquillement au service de notre paroisse Saint Patrick, que j’ai appris à connaître et à aimer au cours de l’année passée. Mais ce cadeau qui m’a été fait en septembre dernier, je ne dois pas le garder pour moi et m’y attacher. Il me faut rester proche tout en apprenant à découvrir un peuple nouveau. Et vous le savez bien, cette évolution qui est une transition pour une année, nous prépare aux nécessaires évolutions pastorales sur notre ville de Saint Malo. Nos paroisses ne peuvent plus être des forteresses derrière lesquelles chacun se réfugie en ignorant les autres. Au contraire, elles doivent être des phares qui brillent et éclairent alentour, chacune avec sa personnalité propre qui enrichit la communion de sa diversité. Avec l’équipe de prêtres qui est en train de se constituer à Saint Malo, nous voulons être au service de cette communion dans la diversité. Beaucoup me demandent : « mais comment allez-vous faire ? ». Je vais faire comme dans l’Evangile. Prendre le temps de m’asseoir pour calculer la dépense, connaître les réels besoins, poser des fondations solides pour construire cette nouvelle organisation pastorale toute tournée vers la mission. Cette année 2013-2014 va y être consacrée. Avec tous ceux qui le veulent, nous réfléchirons et préparons l’avenir sans se laisser ligoter par les mirages des recettes du bon vieux temps ! Aujourd’hui comme hier, à l’appel du Christ, je réponds : « me voici ».
Deuxième réflexion, pour nous tous cette fois. Inutile de faire la politique de l’autruche, le Christ nous demande ce matin de nous interroger sur nos attachements. A quoi sommes-nous attachés vraiment ? Qu’est-ce que nous avons quitté ou devons nous quitter pour être ses disciples ? Je pense tout simplement à l’exemple local de Sainte Jeanne Jugan qui va donner sa chambre et son lit pour accueillir Anne Chauvin, cette première personne âgée pauvre trouvée dans la rue. Elle donne son lit. Bien sûr, nous sommes attachés à des objets et surtout à des personnes. C’est bien normal. Mais il nous faut régulièrement vérifier qu’ils ne remplacent pas le Christ. Là encore comme dans l’Evangile, prendre le temps de s’asseoir et de vérifier en ce début d’année pastorale : qu’est-ce que mon attachement au Christ va m’amener à faire cette année ? Pour moi ? Pour ma famille ? Pour la paroisse ou l’Eglise ? Des propositions vont vous être faites dans les prochaines semaines, des appels vont être lancés. Que me faudra t-il quitter peut être pour répondre présent ? L’exigence du Christ ne doit pas nous faire peur et encore moins nous paralyser. Car si nous sommes là ce matin, c’est que déjà nous avons fait une partie du chemin. Je parlais tout de suite de l’hospitalité de Jeanne Jugan. Je peux témoigner aussi de la belle et sympathique hospitalité des paroissiens de Paramé pour les jeunes qui se sont succédés cet été à Kériadenn. Etre ensemble ce matin pour célébrer le Christ, c’est déjà aussi répondre à son appel. Mais il veut sans doute que nous poursuivions la route avec Lui. Que nous fassions clairement le choix du Christ et que cela ait des conséquences concrètes sur nos vies. Oui, Seigneur, apprends nous la vraie mesure de nos jours, comme le chante le psalmiste. Que nos cœurs pénètrent la sagesse. Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.

Seigneur Jésus,
Apprenez-nous à être généreux,
A Vous servir comme Vous le méritez
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser, sans attendre d'autre récompense,
que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté.

Amen !



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire