dimanche 4 mai 2014

En route !

Homélie 3é dimanche de Pâques 2014

« De quoi parliez tout en marchant ? » Oui, frères et Sœurs, de quoi parliez-vous en venant à la messe ce matin ? Quel était votre sujet de conversation avec ceux que vous avez croisé ? Impossible ce matin de ne pas évoquer la terrible déception de la défaite rennaise à répétition en Coupe de France. Ou si vous préférez, la victoire sans discussion de Guingamp. Bref, ce matin à la boulangerie, on devait parler de foot ! Or savez-vous que dans les premiers temps de l’Eglise, comme on parlait du ballon rond à tous les coins de rue, on parlait tout aussi facilement de théologie. En tout cas, des grandes questions qui agitaient les premiers chrétiens et leurs communautés. De quoi parlaient-ils en marchant ? Sûrement de la résurrection. C’est bien la question qui traverse encore toutes nos lectures aujourd’hui. Nous avons beau être au 3é dimanche de Pâques, en avoir entendu parler depuis trois semaines, la liturgie nous ramènent encore à ce sujet. Ce qui m’invite à tirer deux conclusions :

-       la première est que cette insistance de la liturgie veut nous montrer que nous sommes bien là au cœur de la foi chrétienne, à un point décisif, incontournable pour les premières communautés  comme pour nous aujourd’hui.  « Sans la résurrection, notre foi est vaine » proclame Saint Paul. Saint Pierre l’exprime dans la 2é lecture : « Ce n’est pas l’or et l’argent (qui comptent), car ils seront détruits ; c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache. » Lui n’est pas détruit même par l’épreuve de la mort. Nous le savons bien intellectuellement que la Résurrection est importante. Mais il faut aussi que cela passe dans nos cœurs, dans nos vies.

-       2é point : et cela est un long chemin. Le chemin des disciples d’Emmaüs, cœurs lents à croire. Un long chemin pour comme le dit encore Saint Pierre « comprendre ce qui se passe aujourd’hui ». Jésus aura la patience « en partant de Moïse et de tous les Prophètes, de leur expliquer, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. ». Nous sommes nous aussi sur ce chemin de foi, de conversion, avec Jésus ressuscité qui vient nous expliquer les Ecritures et nous partager le pain dans le repas eucharistique. L’Ecriture sainte et les sacrements, parmi lesquels l’Eucharistie qui est source et sommet pour notre vie chrétienne, sont les nourritures pour la route que nous laisse le Christ. Deux nourritures où puiser les forces pour tenir et avancer toujours. Voilà pourquoi, il nous fait encore revenir à la résurrection en ce 3é dimanche de Pâques. Voilà pourquoi, il nous faut y revenir chaque année. Car Jésus le Christ nous accompagne sur notre route, nous explique les Ecritures, nous partage le pain et ainsi ouvre nos yeux aveuglés, incapables de le reconnaître. « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? »

-       Tout cela m’invite à vous proposer de développer une attitude spirituelle importante : apprendre à reconnaître ce compagnon de route sûr, fidèle qu’est le Christ, apprendre à reconnaître Dieu présent dans nos vies, apprendre à avoir les yeux ouverts sur cette présence divine. Vous avez remarqué comme les disciples d’Emmaüs ne reconnaissent pas Jésus en marchant. Mais c’est à l’auberge, à la fraction du pain qu’ils le reconnaissent. C’est soir, tandis que le jour baisse, que nous sommes invités nous aussi à regarder notre journée écoulée et à nous demander : où Jésus le Christ était-il présent ? Dans quelle rencontre ? A travers quelle personne rencontrée ? Dans quelle parole échangée ? Dans quel geste posé ou reçu ? Je ne vous invite pas à une introspection psychologisante. Non. Simplement à cet exercice de relecture de nos vies pour y trouver la trace de Dieu, pour ne vivre dans ce monde comme si Dieu n’existait pas, pour le « reconnaître en toute chose » comme le dit Saint Ignace de Loyola, pour ne pas rester les disciples aveuglés d’Emmaüs. Faire ce petit exercice quotidien de reconnaissance peut nous donner la force d’être des témoins, de nous lever : « Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent » rapportent l’évangéliste. Ayant reconnu le Christ, ils ne peuvent faire autre chose que d’en être les témoins, d’aller le dire à leur frère : « Christ est ressuscité ! Il est vivant ! »

Certains parmi vous reviennent de Lourdes, du pèlerinage montfortain, d’autres ont vécu ce beau rassemblement de toutes les paroisses de notre doyenné dimanche dernier alors « notre cœur n’était-il pas brulant ? »
Frères et Sœurs,
Prenons le temps de découvrir les clins Dieu qu’Il nous fait chaque jour, prenons le temps de trouver Jésus ressuscité marchant sur nos routes à nos côtés. Aujourd’hui encore dans cette messe, il nous fait comprendre les Ecritures et nous partage son pain. Il vient nous nourrir pour poursuivre le chemin de la vie et être les témoins joyeux du Ressuscité !
Alors comme le psalmiste, nous pourrons nous exclamer :
« Je n'ai pas d'autre bonheur que toi.
Tu m'apprends le chemin de la vie :
Devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices ! ».

Oui, Seigneur, tu nous apprends le chemin de la vie.


Amen ! Alléluia !

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