dimanche 16 avril 2017

Le choix du Vainqueur !

Homélie de la Veillée Pascale 2017

Chers amis de Paramé,

Que je suis heureux d’être avec vous ce soir…
Oui, que je suis heureux d’être avec vous si nombreux ! Merci d’être là.

Chers amis,
J’ai une grande et bonne nouvelle pour vous !
Je sens que quelque chose à changer ce soir…
Je sens que nous allons pouvoir faire du neuf ensemble !
Je sens votre envie profonde d’un changement dans notre monde… dans votre cœur !

Car l’heure est importante.
Nous sommes à la veille d’un choix crucial et essentiel.
Un choix si important pour chacun de nous ici.
Un choix si important pour votre vie… pour notre pays …
Pour le monde que nous voulons construire ensemble…
Et que nous lèguerons demain aux générations futures.

Oui, je suis heureux d’être là avec vous après ces 40 jours de campagne… heu de carême ! Ils ont peut être été durs ces 40 jours.
Ils ne nous ont peut être pas épargnés.
Mais ils nous ont d’abord et avant tout préparés à l’évènement de cette nuit, au choix qu’il nous reste à faire dans le secret de l’isoloir…
Pardon de nos cœurs…
Car c’est à vous, à nous de faire le bon choix.

Mais attention l’élection à laquelle je vous invite n’aura pas deux tours !
Le choix doit se faire une fois… pour toute la vie !
C’est un choix radical… et pourrait-on dire révolutionnaire.
Car c’est un choix qui oriente toute une vie !
C’est le choix de Merry, Elodie, Léa et Eline, jeunes adultes qui vont cette nuit être baptisés à l’église Notre Dame des Grèves comme 4503 autres adultes en France.
C’est le choix des 4 enfants et 4 collégiens qui seront baptisés ici au cours de notre célébration.
Oui, ces jeunes, ces enfants, ces adultes nous montrent la voie.
Ils ont choisi.
C’est le choix du Christ ressuscité ! C’est le choix de la victoire assurée !
De la victoire de la Vie sur la mort ! De la victoire de l’amour sur la haine ! De la victoire du pardon sur la rancune ! De la victoire de l’espérance sur le désespoir !
C’est la victoire de la joie sur la tristesse, victoire de la lumière sur les ténèbres, la victoire de la foi sur le doute !

Si le 23 avril, c’est dans le secret de l’isoloir qu’il nous faudra faire un choix,
ce soir, c’est devant le tombeau vide qu’il nous faut nous décider.
Serai-je comme Marie Madeleine et l’autre Marie qui courent pour annoncer que la Vie a gagné ? Ou resterai-je comme ces Romains et ces hauts dignitaires juifs enfermé dans mon doute, mon indécision ?

Car comme ont du le faire, il y a près de 2000 ans, les femmes qui voulaient embaumer le corps de Jésus, comme ont du le faire les deux marcheurs d’Emmaüs, comme ont du le faire Marie et les Apôtres au Cénacle, comme a du le faire Thomas l’incrédule, chaque nuit de Pâques est pour nous l’occasion formidable de dire « oui à la vie », « oui à la vie avec le Christ vivant ».

Pourquoi ? Parce que le Christ ne s’est pas contenté de promesses. Pour nous rejoindre, Il a tout enduré de notre condition humaine, jusqu’à la mort, et la mort sur la croix. Sans cesse, il a guéri les malades, pardonné aux pécheurs, accueillis les enfants et les plus petits, redonné vie à Lazare, au fils du Centurion. Pourtant, il ne nous a pas dit « demain, on rase gratis ». Non. Il nous a annoncé le bonheur pour tous dans ses Béatitudes. Mais sans cacher que le chemin serait parfois rude. Et que nous aurions régulièrement besoin de sa miséricorde, de son pardon pour nous relever et repartir. Qu’ils sont beaux tous ceux qui ont, ces derniers jours, oser vivre ce sacrement. Comme l’a écrit un chrétien des premiers siècles, il a fait de sa croix, l’arme de la victoire. Le champion de la liberté, c’est lui ! Le champion de la bienveillance, c’est lui ! Le champion de l’humanisme, c’est lui ! Le champion de la paix, c’est Lui !

Frères et Sœurs,
En cette belle nuit de Pâques, nous voici invités à choisir à nouveau le Christ, à fuir le Prince des ténèbres. Mais ce n’est pas tout ! J’ai besoin de vous ! J’ai besoin de vous pour être porteur de cette joyeuse nouvelle ! « Notre cœur n’était-il pas brulant alors qu’il nous parlait ? » Ensemble : Choisissons la vie ! Choisissons le Christ ! Vive la Vie ! Vive le Christ ! Amen !


mardi 28 février 2017

Bien des soucis !

8e Dimanche du Temps Ordinaire-A
 Homélie

Frères et Sœurs,

Avez-vous bien entendu le conseil de Jésus : « ne vous faites pas tant de souci pour votre nourriture et vos vêtements » ?  « Qui peut, en se faisant du souci, allonger de quelques jours, même de quelques heures, sa vie ? » demande Jésus. Personne. Et pourtant, qui ne se fait pas du souci ? Un peu ou beaucoup de souci pour finir son mois, pour pouvoir acheter tel ou tel bien si important ou tout simplement si beau !  « Ne vous faites donc pas de souci » répond Jésus « Dieu, votre Père céleste, s’occupe de vous ». Non seulement Il s’occupe de vous car Il vous nourrit mieux que les oiseaux du ciel, vous habille mieux que les lys des champs, mais « même si une mère pouvait oublier son nourrisson, Dieu ne lui ne vous oubliera pas », rappelle Isaïe. Et le psalmiste enfonce le clou : « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon rocher, ma forteresse, mon refuge, ma citadelle « inébranlable ». « Comptez donc sur lui en tout temps », conclut l’auteur biblique.

Compter sur Dieu : voilà une bonne question !
Est-ce qu’il m’arrive vraiment de compter sur Dieu ? Concrètement. Pas simplement en pensée. Est-ce qu’il m’arrive de me reposer sur Lui ? Concrètement. De Lui faire confiance jusqu’à s’occuper de mes affaires quotidiennes ? concrètes ?

Un père de famille me racontait récemment comment il s’est installé à St. Malo alors que rien ne le laissait prévoir : une opportunité de travail, une maison comme il fallait. « Vraiment, disait-il, on a eu de la chance ! »  Je me suis permis alors de dire que c’était peut-être la Providence aussi. Et il a tout de suite repris la balle au bond. « Ah, oui, c’est vrai !  C’est vraiment l’œuvre de la Providence de Dieu tout ça ! »  Elle passe parfois par des messagers, des relais comme celui de St. Joseph.  Une autre famille a écrit une lettre à St. Joseph… et tout lui a été donné. Je pense aussi aux filles de Sainte Jeanne Jugan, aux Petites Sœurs des Pauvres qui remettent tout à la Providence pour ce qui est de la gestion de leurs maisons. Et celle-ci est généreuse : j’en suis le témoin. Je pourrai ainsi développer de multiples exemples. 

Comme l’évoque Saint Paul, il s’agit donc pour nous d’être de bons intendants de cette Providence. Savez-vous la différence entre un intendant et un comptable ? Tous les deux s’occupent de la gestion matérielle. Mais le comptable compte ce qui rentre et ce qui sort. L’intendant lui, il gère : il répartit les ressources équitablement et selon les besoins.  « Ce que l’on demande aux intendants c’est d’être trouvés dignes de confiance ».

Nous sommes invités à être de bons intendants des dons de Dieu.  Comment ?

1.    Savoir reconnaître que tout ce que nous avons vient aussi de Dieu. Peut-être le fruit de notre travail … mais aussi le don de Dieu.  C’est ainsi le sens de la bénédiction de la table avant le repas. Quelques secondes pour rappeler que ces légumes qui font notre soupe, même s’ils ont été achetés au marché (ou chez Robin !), ils sont fruits de la terre et du travail des hommes… Et dons de Dieu. Si nous savons demander, sachons aussi rendre grâce, bénir, dire merci au Seigneur.

2.   Bien utiliser ce que nous avons déjà… avant d’en vouloir toujours plus.  Ne nous faisons pas d’illusion, nous sommes les petits soldats de la société de                              consommation.  Au fil des années, elle influence de plus en plus nos esprits.  J’entends encore Saint Jean Paul II, s’exclamer de sa voix rocailleuse à Paris, au Bourget, en 1980 : « la société de consommation n’est pas bonne pour l’homme ».  Il voyait combien ces influences pouvaient modifier notre comportement, et le « toujours plus » engendrer en nous tant de souci.

Mais 1980 est loin et nous sommes déjà à une nouvelle étape. Nous entendons quelques voix prophétiques prôner « la sobriété heureuse ».  Le Pape François l’évoque aussi à sa manière dans l’encyclique Laudato Si avec ce danger que nous ne puissions plus nous émerveiller des oiseaux du ciel et des lys des champs, comme nous y invite Jésus.  

Cette bonne et saine gestion des biens doit se vivre aussi dans l’Eglise. Ainsi, comme curé, je dois veiller à une bonne utilisation des biens qui me sont confiés. Rien ne m’appartient, tout est reçu de vos dons - pas de subvention, d’où l’appel au denier ou un nouveau moyen de faire la quête.  Et, en même temps, j’ai une infinie confiance en la générosité de Dieu qui veille à son Eglise et lui donne ce dont elle a besoin. Je me permets d’ailleurs de dire que nous avons en France une certaine chance d’être une Eglise qui est assez libre car ni très pauvre, ni très riche non plus.

Finalement, à travers cet exemple de nos biens, Jésus veut nous aider à discerner sa présence fidèle et à vivre dans l’infinie confiance … car il est notre Père. Comme l’a si bien écrit Charles de Foucauld :

Mon Père,

Je m’abandonne à Toi.
Fais de moi ce qu’il Te plaira.
Quoique Tu fasses de moi, je Te remercie.
Je suis prêt à tout.  J’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
En toutes tes créatures.

Je ne désire rien d’autre, mon Dieu !
Je remets mon âme entre tes mains.
Je Te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur,
Parce que je t’aime
Et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure
avec une infinie confiance.

Car Tu es mon Père.











dimanche 25 décembre 2016

Le sourire d'un enfant

Ecoutez ici l'homélie de la nuit de Noël


Et pour ceux qui préfèrent lire :

Homélie de Noël 2016 - Messe du matin

Frères et Sœurs,

Notre monde est triste…
Pourtant, aujourd’hui ensemble, nous fêtons Noël. Durant cette messe, durant cette journée, nous voulons quitter toutes nos tristesses personnelles (maladies, deuil, solitude, pauvreté) et toutes les tristesses du monde qui s’affichent chaque jour à la une des journaux (et elles sont grandes en ces temps ces évènements qui nous attristent : guerres en Syrie, attentats à Berlin, à Paris, ou)…Oui nous voulons quitter tout cela parce que nous voulons passer de la tristesse à la joie. Cette joie que le prophète Isaïe ne cessait de proclamer dans la 1ère lecture. « Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion. Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple ! »

Cette joie de Noël, cet Esprit de Noël, il serait bon pourtant qu’il ne soit pas qu’un instant éphémère dans notre vie, qu’il ne soit pas comme un feu de paille qui s’éteindrait aussitôt sortis de cette église… Ou au réveil demain matin. Aussi, il nous faut ensemble essayer de comprendre comment la joie peut naître et demeurer… Menons l’enquête ensemble. Et d’abord éliminons une bien mauvaise méthode me semble t’il. La joie qui apparaît comme par magie… Mais qui va disparaître aussi vite. Ne nous laissons pas berner par toutes les fausses joies, les joies de l’éphémère, particulièrement de la consommation à outrance. Avoir plus n’a jamais rendu heureux… Au contraire parfois. Sur le moment, certes on est heureux… Mais après… On en veut toujours plus ! Regardez les enfants et leurs cadeaux de Noël. Pas drôle parfois de les voir plus s’amuser avec l’emballage qu’avec le jouet qui ne procure qu’une joie de l’instant.  Bref, cette voie là n’est pas la bonne.

Alors regardons ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est une naissance. Un bébé. Les parents ici pourraient nous raconter qu’à la naissance, un bébé : ça pleure ! Et tout le challenge des parents, c’est qu’il arrête de pleurer… et retrouve le sourire. Et c’est parfois, un sacré challenge ! Qu’est-ce qui fait qu’un bébé sourit ? Qu’il exprime le signe de son bien être ? J’ai trouvé une réponse scientifique à cette question. C’est le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik qui la donne et explique qu’ « il est maintenant prouvé scientifiquement, grâce à la neuro-imagerie, que l’affection sculpte le cerveau, donne confiance à l’enfant, lui permet d’apprendre et d’explorer le monde. Sans affection, pas de confiance en soi. ». Le scientifique pudiquement, parle de « substitut affectif ». Et dit que le cerveau fonctionne grâce à cela ; que l’enfant se développe ainsi. Je traduis avec mes mots… pas du tout scientifiques : l’enfant passe de la tristesse à la joie grâce à l’amour qui l’entoure.

Je crois donc, frères et sœurs, que nous tenons-là le secret de la joie. C’est scientifique en plus ! Le secret : c’est l’amour ! Etre aimé et aimer ! Et voilà bien ce que nous dit le petit bébé de la crèche ! L’enfant Jésus. En nous donnant son Fils, Dieu n’a qu’un seul et grand message : il nous dit son amour ! Je t’aime ! Je t’aime plus que tout ! Qui que tu sois ! Riche ou pauvre, seul ou très entouré !

Dans le sourire de l’enfant de la crèche, chers amis, nous voyons l’amour de Dieu pour nous. Lorsque vous allez venir vous recueillir devant cette crèche, ou celle qui est chez vous, contemplez son sourire et écoutez le vous dire dans le secret de votre cœur : « tu es mon enfant bien aimé, en toi Dieu a mis tout son amour ». Voilà comment nous pouvons être joyeux, infiniment joyeux. D’une joie qui se transmet et se partage. Voilà comment nous sommes en paix dans notre cœur… et voilà comment la paix grandit dans le monde. Soyons les guetteurs de l’aube, de ce nouveau monde qui vient… Dieu console son peuple !

Amen.