mardi 22 mars 2011

Frappes chirurgicales !

Homélie 2é lundi de Carême 2011

Remise à l’honneur par les derniers soubresauts d’une actualité récente, les militaires ont cette expression éminemment paradoxale qui parle de « frappes chirurgicales ». On veut ainsi, sans aucun doute, vanter la capacité de notre technologie d’aller droit au but lors d’un bombardement. Et si l’on ne s’arrête qu’au côté médical de l’expression, on sait les immenses possibilités offertes par la technique aujourd’hui pour aller opérer dans des endroits particulièrement compliqués et cachés du corps humain et le faire de manière très précise et fine.

Deux siècles plus tôt et ignorant tout de ces progrès, Jésus me semble pourtant avoir toutes les qualités requises pour être un chirurgien averti du XXIé siècle ! Connaissant parfaitement tous les recoins du cœur de l’homme, il sait affiner l’action de son scalpel pour aller opérer là où nécessaire, là où, pourrait-on dire, cela fait mal ! Ainsi, l’évangile de ce jour insiste sur notre capacité, ou plutôt notre incapacité à « pardonner ».

Frère Roger, grand connaisseur et surtout grand praticien de la réconciliation, a dit un jour que l’homme n’est pas « construit » pour le pardon. Ou plutôt que si Dieu nous a donné la capacité de le vivre, cela reste pour nous un éternel combat. On sait nos propres réticences à aller se confesser, par exemple. Pourtant le pardon, même s’il est dur à vivre, n’en est pas moins nécessaire. D’une nécessité vitale. Une vie sans pardon n’est pas une vie : c’est la mort !

Dans l’évangile de ce matin, Jésus nous donne trois conseils positifs : soyez miséricordieux, pardonnez, donnez ; et deux conseils négatifs : ne jugez pas, ne condamnez pas. Là encore, cela nous révèle l’excellente connaissance de Jésus de ce qui fait le cœur de l’homme. Juger, condamner hâtivement « en pensée, en paroles, par action et par omission » : voilà peut être notre péché le plus ordinaire. Comme il est facile de dire du mal d’un tel au cours d’un repas et sous prétexte d’humour qui a pourtant le « goût » d’une détestable ironie caustique. « Seigneur, a nous la honte au visage parce que nous avons péché contre toi » pouvons-nous reprendre avec le prophète Daniel.

Oui, nous devons changer notre regard. Ne pas nous arrêter aux apparences. Etre miséricordieux comme notre Père est miséricordieux. C’est Lui le maître en miséricorde.

« Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
Pour la gloire de ton Nom,
Délivre- nous, efface nos fautes,
Pour la cause de ton nom. » Psaume 78