vendredi 31 décembre 2010

Dans quelques heures

Chers amis lecteurs,

Eclairé par un beau coucher de soleil, dont je dois avouer qu'il est normand, je vous souhaite une année 2011 pleine de soleil ! Soleil du Christ qui se lève sur tout homme de bonne volonté.

Soyez heureux !

Padre Olivier +

vendredi 24 décembre 2010

Venez à la crèche !

Homélie Noël 2010

Frères et Sœurs,

Connaissez-vous bien votre curé, le Père Langouet ? Savez-vous en particulier qu’il a une belle passion liée à cette fête de Noël ? Il collectionne les crèches. En cela, il est d’ailleurs fidèle à ce que nous a demandé le Saint Père cette semaine : il a invité les catholiques à faire des crèches. Chez eux bien sûr mais aussi sur leur lieu de travail, sur les places publiques. Ainsi en ce moment au presbytère, vous pouvez découvrir des crèches d’Amérique Latine, d’Afrique ou d’Europe de l’Est. Elles sont en bois, peint ou brut, en pierre ou en verre. L’une d’entre elle tient dans une boite d’allumettes. Une autre est sculptée dans une pomme. Joseph et Marie sont dans des costumes toujours liés au pays d’où ces crèches viennent : du boubou africain au poncho des péruviens.

Cette belle tradition de la crèche dont on dit qu’elle remonte à Saint François d’Assise nous aide bien à comprendre ce que nous fêtons à Noël. Ensemble mettons nous devant et observons. Ici dans cette église et peut être quelques instants ensemble en silence d’ici demain soir… Observons.

Commençons par celui qui est au centre de cette scène : Jésus, le bébé, le petit enfant. Il est petit, tout petit. Mais c’est tellement étonnant de voir Jésus le Christ notre Seigneur en bébé qu’on le représente souvent un peu plus vieux, ayant sans doute au moins quelques jours ou quelques semaines. Mais pourtant, c’est bien vrai : notre Dieu se fait petit enfant. Notre roi, notre maître est né en cette nuit dans une étable. Celui dont le prophète Isaïe nous dit qu’il est « merveilleux conseiller, Dieu-fort, Père à Jamais, Prince de la Paix » ; celui qui à l’insigne du pouvoir sur son épaule : c’est lui ! Il est là. Tout petit, tout faible, à la merci des plus grands, des plus forts, de ceux qui intriguent déjà pour le faire disparaitre. Oui, la force de notre Dieu se révèle cette nuit dans la faiblesse d’un nouveau-né. Dieu est là. Le Sauveur du monde est là. Pas dans les nuages, pas dans le ciel, pas dans toutes les constructions de nos imaginations sur Dieu, trop ceci ou trop cela : il est là ! Ou là : dans le pain des hosties du tabernacle ! Pas beaucoup plus glorieux quand même ; et tout aussi fragile. Si nous voulons répondre à la question essentielle de savoir qui est le Dieu des catholiques, nous avons ce soir une réponse dans la crèche ! N’allons pas chercher plus loin. Regardons, contemplons, prions, demandons à l’Esprit Saint de nous faire comprendre que notre Dieu est la force des faibles. Qu’en Jésus, il se fait homme pour que l’homme soit fait Dieu, comme l’écrit très justement un chrétien des premiers siècles.

Mais dans la crèche, il n’y a pas que Jésus. Je voudrais juste relever la présence de 2 autres personnes : Joseph et Marie. Regardez-les : comme un père et une mère à la naissance, ils sont resplendissants. Et quelques instants avant d’écrire cela je voyais l’album picassa de la petite fille de mon cousin arrivée sur cette terre il y a qq jours. Une immense joie éclaire leurs visages. Et même si Marie est un peu fatiguée, elle rayonne de la joie de la naissance ; peut être l’une des plus belles qui puissent nous être offerte. Belle car elle est aussi vraie et profonde. Elle n’est pas factice. La crèche n’est pas une animation Disneyland. Arriver à la naissance n’est pas toujours simple. Pour Joseph et Marie en particulier. Marie n’a pas accouché pas tranquillement chez elle ! Mais il leur a fallu quitter leur domicile, faire un long voyage pour être recensés et se rabattre sur une étable pour s’abriter car toutes les auberges étaient pleines. La joie des parents ne se cache pas ses difficultés passées. Elle ne se cache pas non plus celles qui viendront. Les parents responsables espèrent bien sûr une vie de bonheur pour leurs enfants. Mais ils savent bien qu’il y aura aussi des épreuves. Pourtant l’espérance est plus forte. Cette joie de Marie et Joseph est celle que nous devrions tous partager en ce jour. La fête de Noël n’est pas un carnaval ! Elle nous invite à une joie paisible, profonde, durable. Car en Jésus, toutes les épreuves ont été remportées, même la plus douloureuse : celle de la mort. Jésus est passé par là, lui aussi. Mais il en a triomphé dans sa résurrection. Ainsi la joie de Marie est celle d’une mère qui sait que les douleurs de l’enfantement ne sont plus qu’un mauvais souvenir quand l’enfant parait. Jésus lui-même nous l’a dit : « que votre joie soit parfaite ». Nous avons toutes les raisons donc de nous réjouir ce soir, de participer à la joie de la Sainte Famille de Bethléem. Car au-delà des épreuves, des souffrances, des pauvretés qui peuvent être les nôtres, ce soir, ce petit enfant dans la crèche vient nous redire comme Isaïe : « éclate en cris de joie car le Seigneur lui-même a consolé son peuple ». Chacun doit entendre ce message pour lui ! Et le partager avec ceux qui l’entourent.

Regardez la crèche, chers amis, même si elle est petite comme une boite d’allumettes ! De là nait une immense espérance pour tous les hommes. Plus de 2000 ans plus tard, ce petit enfant est une promesse pour nous encore aujourd’hui. Il vient apporter une lumière nouvelle dans toutes les nuits de notre monde, une lumière qui éclaire tous les cœurs : celle de l’amour !

Amen ! Joyeux Noël à tous !

mardi 7 décembre 2010

A better World


Frères et Sœurs,

Le temps de l’Avent a ceci de sympathique, en plus d’être la préparation à une fête qui nous réjouit tous, petits et grands, que nous sommes accompagnés sur notre route par des grandes figures spirituelles, des sortes de grands frères qui nous ont précédés et nous donnent la direction à suivre.

Ainsi, on pourrait nommer Isaïe, le grand prophète. Toutes les premières lectures sont tirées de son Livre durant l’Avent. Elles sont toujours étonnamment justes tant elles nous annoncent avec un certain réalisme la venue de Jésus Christ, « rameau qui sort de la souche de Jessé, rejeton qui jaillit des racines ». Le prophète n’est pourtant pas un devin. Il ne prédit pas l’avenir en usant de magie. Simplement, par sa relation étroite avec Dieu, par une prière intense, il est capable de voir ce que d’autres ne voient pas. Ainsi Isaïe ne cesse de nous inviter à une belle espérance. De rappeler que le monde, si il est encore loin d’être parfait et nécessite d’être purifier, il marche vers le Royaume : ce temps où le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau. Ce temps où la guerre ne sera plus qu’un mauvais souvenir et où la paix triomphera entre les peuples mais aussi dans nos familles, dans nos relations. Nous aimons rappeler que celui que nous allons fêter à Noël est aussi Prince de la Paix. Tout cela nous semble peut être bien loin de nos préoccupations quotidiennes. Mais au contraire, je crois qu’Isaïe est là pour nous ouvrir à une autre dimension de notre existence. Il est là pour nous redire ce que nous pressentons intimement au fond de nous-mêmes sans parfois oser l’espérer : que nous attendons tous un monde meilleur. Ne désespérons pas de le faire advenir.

« Il faut préparer les chemins du Seigneur. Aplanissez sa route. » C’est la parole d’Isaïe que crie dans le désert notre second compagnon de route du temps de l’Avent : Jean le Baptiste. Et justement, lui en appelle à notre responsabilité personnelle. Si nous voulons vraiment ce monde nouveau, cette terre nouvelle, il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons produire du bon fruit. Oui il a pu nous arriver de mal faire. Oui nous avons pu poser des gestes, des paroles qui ont blessé la paix, qui ont fait reculer le Royaume. Mais tout homme peut encore et toujours se convertir et produire un fruit qui exprime sa conversion. Peut être avez-vous entendu parler de Tim Guénard. Cet homme à l’enfance et la jeunesse complètement dévoyée par la violence des adultes qui l’entouraient. Et pendant de nombreuses années, lui-même ne voyaient pas d’autres chemins que celui-là : voler, tabasser était son quotidien. Jusqu’à la rencontre d’un prêtre… qui a force de tendresse, d’amitié a transformé notre homme. Il est aujourd’hui marié et parcourt la France pour annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, pour témoigner que ce retournement dont parle Jean le Baptiste est possible. Pour nous dire qu’un monde meilleur n’est pas un doux rêve d’idéaliste, mais qu’il est possible ! Et que chacun de nous en est le bâtisseur. Avec Saint Paul implorons donc le Dieu de la persévérance et du courage, afin que dés aujourd’hui nous mettions tout en œuvre pour construire ensemble ce que JP II appelait de ce beau nom : « la civilisation de l’amour ». Amen !

samedi 10 avril 2010

En tout la Paix du Coeur !

Homélie Dimanche de la Divine Miséricorde 2010

Frères et Sœurs,

« La Paix soit avec vous ! » Oui, c’est le Christ ressuscité lui-même qui adresse cette parole, cette toute première parole, à ses disciples rassemblés dans la chambre haute dont les portes sont bien verrouillées car ils sont morts de trouille, comme on pourrait dire aujourd’hui. Les évènements se sont accélérés dans les derniers jours. Jésus, celui qu’ils avaient suivis et en qui ils avaient mis toute leur confiance, est mort sur une croix, a été mis au tombeau et… a disparu de son tombeau au matin du troisième jour. Quelques uns, dont les Saintes Femmes, commencent à répandre la nouvelle d’une résurrection. Mais quand même… Mettons nous dans la peau de ces femmes et de ces hommes. Quelle épreuve ! Quel cauchemar peut-on même dire. Ne vous est-il jamais arrivé au cœur d’une épreuve comme la maladie voir l’agonie d’un proche ; d’ouvrir un œil au matin et de vous dire : non, ce matin, je ne me lève pas. C’est trop dur. J’en ai marre de prendre des claques. Quand le cauchemar va-t-il se terminer ? Il m’est arrivé de connaitre ce sentiment. Et je pense qu’il a du être un peu celui des apôtres. La résurrection a peut être été vécu comme une épreuve supplémentaire finalement. Déjà il a fallu accepté de voir Jésus le Fils de Dieu cloué à une croix comme le plus vil des hommes, mais en plus, maintenant, le tombeau est vide ! Et voilà, notre héros du jour : Thomas. « Je ne crois que ce que je vois ». Thomas, a qui nous aurions bien envie de faire la leçon, 2000 ans plus tard. Mais mon pauvre Thomas, « Heureux celui qui croit sans avoir vu » t’a dit Jésus. Pourquoi es tu si incrédule ? Nous aurions bien tort de penser cela. Thomas est notre frère, notre « jumeau » dit son nom. Notre foi en la résurrection est-elle si évidente que cela ? Nous avons bien appris que sans Résurrection, notre foi serait vaine. Mais l’évènement est tellement étonnant, tellement éloigné de notre compréhension scientifique des choses maintenant assez naturelle, qu’il faut oser avouer que nous ne sommes pas loin d’être tous des Thomas en puissance. Qu’allait vous répondre à votre petit fils ou à un de vos ami qui vous dira tout à l’heure : « mais tu y crois encore à toutes ses sornettes ? Qu’un mort revienne à la vie et se montre à ceux qui l’entourent, c’est une belle fable ou un scénario trop classique de film d’horreur ! ». Réfléchissez un peu…Qu’allez-vous répondre ? Saint Thomas ne sera pas loin. Les disciples peureux ne seront pas loin sans doute. Hé bien, rassurez-vous ! Ce n’est pas grave ! C’est même normal ! Si la résurrection ne nous posait aucun problème, là serait le problème ! Nous devons certes y croire, y adhérer fermement, mais en acceptant de faire le chemin de Saint Thomas. D’avoir la franchise de dire « si je ne mets pas ma main, je n’y croira pas ». Autrement dit, une chose est nécessaire pour croire à la résurrection : rencontrer le Christ vivant ! Et quand celui-ci se montre à ses disciples, la première fois comme encore huit jours plus tard, il comprend bien que les cœurs sont troublés, les esprits emplis de questions. « Jésus vint. Il était là au milieu d’eux. Et il leur dit : « la paix soit avec vous ». Que votre cœur ne se trouble plus. Ma Résurrection vous apporte la paix. « En tout la paix du cœur, la joie sereine » chante t-on à Taizé. La Paix car par la Résurrection, nous est définitivement manifestée la victoire de la Vie. Sur toutes les forces de mort. Toutes. Hier, aujourd’hui et demain ! Sur toutes les forces du Mal. C’est bien pourquoi ce dimanche a été choisi pour être celui de la Divine Miséricorde. Miséricorde qui peut venir à bout de toute faute. De quoi, de qui aurai-je crainte ?

Frères et Sœurs,
Peut être sera-t-il difficile d’avancer des arguments imparables à votre contradicteur tout à l’heure. Vous pourrez quand même dire l’importance capitale de la Résurrection. Un théologien dit : «cet événement est la clé de voûte de tout l’édifice chrétien ; c’est lui qui confirme l’œuvre de Jésus dans son entier, et qui seul permet d’expliquer la formation durable de son Église. Enlevez ce fait, et nos croyances sont ébranlées jusque dans leur base, et leur ruine ne peut tarder, ruine d’autant plus désastreuse que l’édifice a été imposant et colossal.» Vous pourrez évoquer les témoignages que nous avons dans les évangiles, les Actes des Apôtres. Vous pourrez dire votre propre cheminement de foi, aussi humble mais sincère que celui de Thomas et de bien d’autres disciples après lui. Mais surtout au-delà des mots et des explications, on verra sur votre visage votre foi : par votre sourire exprimant la joie sereine de Pâques, par votre tranquille assurance que donne la « Paix du Christ ». Votre témoignage de la Résurrection sera la mise en œuvre de cette belle phrase d’un chrétien des premiers siècles : « Aime et dis-le par ta vie ! ».

Amen !

samedi 3 avril 2010

Entrez : c’est ouvert !



Entrez : c’est ouvert !
Des mots pour l’attente de Pâques 2010.

Certains veulent tout faire pour fermer la porte…Définitivement.
Car décidément, elle est trop vieille. Trop vermoulue.
Il deviendrait même dangereux de l’ouvrir.

Certains veulent mettre la clé sous la porte. Trop fatigués.
Pas assez nombreux pour la pousser. N’ayant plus la force de faire un peu de ménage.
De déblayer devant elle. D’enlever les toiles d’araignées.

Certains ferment les yeux et se bouchent les oreilles.
Ils ne veulent pas voir le rayon de lumière qui passe sous la porte.
Ils refusent d’entendre le doux bruit de la Vie qui s’échappe encore.

Pourtant, pour celui qui demande, la clé est toujours en face. Et la porte est ouverte.

La pierre est roulée. Et le tombeau ouvert.

Dans la vielle église, au centre du village, de nuit, ils viennent. Ils entrent.
Hommes et femmes, jeunes ou vieux. Riches ou pauvres. Bien portants et malades.
Un feu les réchauffe. Un, deux puis des dizaines de cœurs s’enflamment à cette espérance.
La nuit de la mort et de la souffrance s’illumine. La porte est ouverte, définitivement.
Jésus Christ a poussé la porte. Il est Vivant. Il est la Porte toujours ouverte sur la Vie sans fin.

Entrez : c’est toujours ouvert !

P. Olivier ROY, prêtre
Saint Malo, le samedi 3 avril 2010.

Photo : porte dans le fortin construit par le Bx Charles de Foucauld à Tammanrasset.