dimanche 25 décembre 2016

Le sourire d'un enfant

Ecoutez ici l'homélie de la nuit de Noël


Et pour ceux qui préfèrent lire :

Homélie de Noël 2016 - Messe du matin

Frères et Sœurs,

Notre monde est triste…
Pourtant, aujourd’hui ensemble, nous fêtons Noël. Durant cette messe, durant cette journée, nous voulons quitter toutes nos tristesses personnelles (maladies, deuil, solitude, pauvreté) et toutes les tristesses du monde qui s’affichent chaque jour à la une des journaux (et elles sont grandes en ces temps ces évènements qui nous attristent : guerres en Syrie, attentats à Berlin, à Paris, ou)…Oui nous voulons quitter tout cela parce que nous voulons passer de la tristesse à la joie. Cette joie que le prophète Isaïe ne cessait de proclamer dans la 1ère lecture. « Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion. Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple ! »

Cette joie de Noël, cet Esprit de Noël, il serait bon pourtant qu’il ne soit pas qu’un instant éphémère dans notre vie, qu’il ne soit pas comme un feu de paille qui s’éteindrait aussitôt sortis de cette église… Ou au réveil demain matin. Aussi, il nous faut ensemble essayer de comprendre comment la joie peut naître et demeurer… Menons l’enquête ensemble. Et d’abord éliminons une bien mauvaise méthode me semble t’il. La joie qui apparaît comme par magie… Mais qui va disparaître aussi vite. Ne nous laissons pas berner par toutes les fausses joies, les joies de l’éphémère, particulièrement de la consommation à outrance. Avoir plus n’a jamais rendu heureux… Au contraire parfois. Sur le moment, certes on est heureux… Mais après… On en veut toujours plus ! Regardez les enfants et leurs cadeaux de Noël. Pas drôle parfois de les voir plus s’amuser avec l’emballage qu’avec le jouet qui ne procure qu’une joie de l’instant.  Bref, cette voie là n’est pas la bonne.

Alors regardons ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est une naissance. Un bébé. Les parents ici pourraient nous raconter qu’à la naissance, un bébé : ça pleure ! Et tout le challenge des parents, c’est qu’il arrête de pleurer… et retrouve le sourire. Et c’est parfois, un sacré challenge ! Qu’est-ce qui fait qu’un bébé sourit ? Qu’il exprime le signe de son bien être ? J’ai trouvé une réponse scientifique à cette question. C’est le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik qui la donne et explique qu’ « il est maintenant prouvé scientifiquement, grâce à la neuro-imagerie, que l’affection sculpte le cerveau, donne confiance à l’enfant, lui permet d’apprendre et d’explorer le monde. Sans affection, pas de confiance en soi. ». Le scientifique pudiquement, parle de « substitut affectif ». Et dit que le cerveau fonctionne grâce à cela ; que l’enfant se développe ainsi. Je traduis avec mes mots… pas du tout scientifiques : l’enfant passe de la tristesse à la joie grâce à l’amour qui l’entoure.

Je crois donc, frères et sœurs, que nous tenons-là le secret de la joie. C’est scientifique en plus ! Le secret : c’est l’amour ! Etre aimé et aimer ! Et voilà bien ce que nous dit le petit bébé de la crèche ! L’enfant Jésus. En nous donnant son Fils, Dieu n’a qu’un seul et grand message : il nous dit son amour ! Je t’aime ! Je t’aime plus que tout ! Qui que tu sois ! Riche ou pauvre, seul ou très entouré !

Dans le sourire de l’enfant de la crèche, chers amis, nous voyons l’amour de Dieu pour nous. Lorsque vous allez venir vous recueillir devant cette crèche, ou celle qui est chez vous, contemplez son sourire et écoutez le vous dire dans le secret de votre cœur : « tu es mon enfant bien aimé, en toi Dieu a mis tout son amour ». Voilà comment nous pouvons être joyeux, infiniment joyeux. D’une joie qui se transmet et se partage. Voilà comment nous sommes en paix dans notre cœur… et voilà comment la paix grandit dans le monde. Soyons les guetteurs de l’aube, de ce nouveau monde qui vient… Dieu console son peuple !

Amen.