dimanche 17 mars 2013

Saint Patrick ou le combat de la foi !


Homélie de la Saint Patrick

Martyrologe romain  Mémoire de saint Patrice (Patrick), évêque. Né en Grande Bretagne, il fut capturé par des pirates irlandais. Ayant retrouvé sa liberté, il voulut entrer dans le clergé et retourna en Irlande, décidé à consacrer sa vie à l’évangélisation de l’île. Ordonné évêque, il s’employa avec adresse et succès à faire connaître le Christ, en s’adaptant aux conditions sociales et politiques du pays et il organisa solidement l’Église, jusqu’à sa mort à Dunum (Down), en 461.

Frères et Sœurs,

Le journal La Croix consacre sa dernière édition à étudier sous toutes ses coutures le choix du nouveau souverain pontife de s’appeler François. François et non pas François Ier a bien précisé le Vatican. Le titre est celui-ci : « François : un nom, un programme ». Il semble bien, en effet, que ce choix par son originalité est loin d’être anodin. C’est bien le Poverello d’Assise qu’il a voulu honorer : "Durant l'élection, j'étais à côté de l'archevêque de Sao Paulo Claudio Hummes, un grand ami (...) Quand les choses sont devenues dangereuses, il m'a réconforté et quand les votes (en faveur de Jorge Bergloglio, NDLR) ont atteint les deux tiers (le seuil pour être élu, NDLR), il m'a serré dans ses bras, embrassé et m'a dit: +Et n'oublie pas les pauvres!+". "Immédiatement, en relation avec les pauvres, j'ai pensé à François d'Assise (...) l'homme de la pauvreté, l'homme de la paix", a-t-il raconté hier aux journalistes. "Comme je voudrais une Église pauvre, pour les pauvres" a t-il ajouté. Donnant donc par là ce qui deviendra sûrement une orientation significative à son pontificat.

Notre paroisse a choisi elle le nom de Saint Patrick il y a quelques années. Il semble donc juste d’aller explorer ce que cela peut vouloir dire pour nous, si le choix de ce saint patron grand breton émigré en Irlande peut avoir du sens pour nous aujourd’hui.

Je suis loin d’être un spécialiste de la vie de Saint Patrick à ce jour mais je voudrai relever cependant quelques points intéressants dans la vie de celui-ci. Et je commence en citant Jean-Paul II :
« Saint Patrick fut le premier Primat d'Irlande. Mais il fut surtout celui qui sut mettre dans l'âme irlandaise une tradition religieuse si profonde que chaque chrétien en Irlande peut à juste titre se dire l'héritier de saint Patrick. C'était un Irlandais authentique, c'était un chrétien authentique: le peuple irlandais a su garder intact cet héritage à travers des siècles de défis, de souffrances et de bouleversements sociaux et politiques, devenant ainsi un exemple pour tous ceux qui croient que le Message du Christ développe et renforce les aspirations les plus profondes des peuples à la dignité, à l'union fraternelle et à la vérité." (Discours au Corps diplomatique - Jean-Paul II - 29 septembre 1979)

Allons plus loin. Que pouvons-nous tirer de la vie de St Patrick pour nous, pour notre vie chrétienne, pour notre communauté ?

Saint Patrick, nous raconte t’on, était un homme de fort caractère, ayant même eu une jeunesse batailleuse…  Cela peut nous rappeler que la vocation de chacun peut être inattendue. Qui connaissait le jeune Patrick bagarreur et fier de lui ne pouvait imaginer qu’il deviendrait ce saint reconnu. Nous ne devons donc jamais désespérer des autres ou de nous-même. Comme nous ne devons pas désespérer de notre jeunesse. Nous devons l’espérer au contraire. Si elle trouve des communautés chrétiennes vivantes qui sont capables de lui offrir le Christ, elle saura alors trouver en Lui son bonheur. Avec Saint Patrick, comme avec la femme adultère de l’Evangile, nous comprenons, une fois encore, que la sainteté est pour tous. Et plus particulièrement peut être pour les cabossés, pour les rétifs, pour les pécheurs. Saint Patrick avait lui-même sans doute compris que pour grandir dans la foi, il faut fréquenter des croyants. Ainsi il a passé plusieurs années avec les moines de l’Abbaye de Lérins puis fait son séminaire avec celui qui deviendra Saint Germain l’Auxerrois. Ce dernier a décelé en Patrick l’homme de foi, et malgré son passé dont il a eu connaissance, il l’a finalement ordonné évêque. Notre communauté doit donc être ce lieu où le Christ est offert à tous sans préjugé. « Que celui qui n’a jamais péché, jette la première pierre ».

Cet accueil de tous est déjà une démarche missionnaire. Car il serait difficile de parler de Saint Patrick sans évoquer l’immense travail missionnaire qu’il a réalisé en Irlande, qui, rappelons-le, n’était pas son pays natal (il est né en Angleterre) et même était le pays où il a été fait otage dans sa jeunesse. Celui qui est devenu un symbole irlandais incontournable est donc un déraciné qui apporte la foi sur une autre terre que la sienne et qui va en quelques années convertir un peuple ancré dans des traditions druidiques païennes. Il va gagner au Christ par ses prédications (il explique la Trinité en faisant référence aux trois feuilles du trèfle), par ses relations avec les puissants, par son intelligence et sa conviction communicative. Quant les derniers papes, nous parle de nouvelle évangélisation, quant les évêques de France nous invitent à proposer la foi à la société actuelle, nous ne sommes pas loin de l’œuvre de Saint Patrick. Notre monde s’est fabriqué de nouveaux dieux, d’autres idoles d’argent, de célébrité éphémère et médiatique, de toute-puissance technique ou médicale. Pour avoir passé 6h. dans ma voiture entre Rennes et Saint Malo lundi dernier, je peux vous dire que le XXIé siècle à la technologie tout puissante en a pris un coup ! Nous sommes donc dans ce monde qui a besoin de recevoir une parole d’espérance. Hier une famille nous a demandé de célébrer une prière autour d’un défunt à l’hôpital en nous prévenant bien qu’il y avait là des non-croyants. Et à l’issue de cette prière guidée par un laïc de notre communauté, l’un des participants lui a dit : « vous m’avez redonné l’espérance ». Ne croyez donc pas que l’on attend plus rien de l’Eglise. Les demandes sont parfois étonnantes, mal formulées, maladroites mais le cœur de l’homme est sans repos tant qu’il demeure loin de Dieu.  Nous pouvons donc continuer à évangéliser aujourd’hui. Et les cathédrales qu’a bâtit Saint Patrick pour établir la foi catholique, nous avons aujourd’hui à les bâtir dans les cœurs.

Enfin, je voudrais aussi relever que Saint Patrick, s’il fut un homme d’action, un fondateur zélé n’hésitant pas à voyager sans arrêt, fut aussi un homme de prière. D’abord parce qu’il a toujours eu le souci de fonder des monastères. Et notamment de s’associer le concours de la prière de moniales. Lui-même, nous l’avons dit, avait passé des années chez les moines de Lérins qui ont évangélisé la Provence. Il sait donc la force et la nécessité du cœur à cœur avec Dieu, d’être un amoureux de la Parole par sa méditation constante.  Quel plus grand témoignage de cette force de la prière que cette prière qu’il a lui-même écrite, qu’on appelle la « cuirasse » de Saint Patrick et que je vais vous lire pour conclure. Elle nous montre que ce guerrier de la foi savait qu’il devait sa force à Dieu lui-même. En la lisant ce matin, je veux donc confier toute notre communauté paroissiale au Père, au Fils et au Saint Esprit. Que Dieu nous guide, à la prière de Saint Patrick, pour être une paroisse toujours plus audacieuse et rayonnante de l’amour de Dieu.

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