samedi 1 décembre 2012

Redressez-vous !


Homélie 1er dimanche de l’Avent – C

Frères et Sœurs,


Ainsi nous voilà entrés dans le temps de l’Avent. Dans 24 jours, nous fêterons Noël. Mais auparavant l’Eglise nous invite à nous préparer à la fête. A scruter les Ecritures, à nous nourrir des sacrements pour année après année, découvrir un peu plus du mystère étonnant de l’Incarnation, du mystère d’un Dieu qui s'est fait homme, a eu froid ou chaud, faim, a travaillé et a trouvé la mort sur une croix ; est ressuscité ; est vivant et reviendra dans la gloire. C’est bien dans cette attente là que nous situent les textes de ce jour : attente du retour du Christ, de ce que la théologie appelle la Parousie. Ce qui pourrait paraître la fin, le fin du monde est la fin d’un monde et le commencement d’un autre : le Royaume de Dieu. Comme dans toute la tradition biblique, Jésus décrit ce moment avec des signes grandioses sur terre, sur mer ou dans le ciel. Devant ces signes, deux attitudes possibles : Ou nous sommes anéantis : « comme un filet qui s’abat sur tous les hommes » et nous nous recroquevillons sur nous-mêmes, le cœur accaparés par les soucis de la vie. Ou au contraire, nous nous redressons, nous relevons la tête « car notre rédemption approche ». Tout cela peut vous paraître abstrait… et pourtant, c’est parfois, souvent très concret. Je pense à ce beau témoignage entendu mercredi soir à l’église St Jean avec qq uns d’entre vous. Un jeune homme emporté par la drogue dès l’âge de 10 ans, qui va cumuler les galères au point de tuer un homme… et donc de finir en prison. Et finir pourrait être le bon mot car au fond de son trou, recroquevillé sur son matelas par terre, à 4 dans une cellule pour 3, il avait tout prévu pour mettre fin à ces jours, se laisser envahir par ses ténèbres intérieures. Mais là, poussé par un instinct de vie, il a redressé la tête et s’est dit qu’avant de mourir, il pouvait au moins appeler ce Dieu dont on lui avait parlé dans son enfance. Alors que tout le tirait vers le bas, vers la destruction, il est resté éveillé encore un peu et il a prié en ce moment de profond désespoir. Et Dieu a répondu… Et Dieu l’a relevé. Et il est sorti de prison, a fondé une famille, est en rémission du Sida et parcours la France pour témoigner, être ambassadeur du Christ et de la Foi. « J’accomplirai la promesse de bonheur » dit le Seigneur. En entendant Laurent Gay mercredi soir, comment ne pas rendre grâce à Dieu qui nous envoie ainsi un témoin de la foi vivante, du Royaume en marche. J’aurai beaucoup aimé qu’il soit ici à ma place aujourd’hui. Bien heureusement, la plupart d’entre nous n’avons pas connu de telles épreuves. Mais nous sommes tous cabossés par la vie ! Et nous avons tous la tentation de nous recroqueviller sur nous-même, de mettre une carapace, de nous enfermer dans un bunker bien garni en attendant la fin. Erreur, erreur grossière, erreur parfois tragique ! Nous avons tous besoin un jour ou l’autre de tendre la main, de rallumer la flamme d’une espérance, de prier ou même de crier vers le Seigneur : « montre-nous, Seigneur ta miséricorde : fais nous voir le jour de ton salut ! ». Dans notre monde dur et même parfois violent, nous aurions toutes les raisons de nous replier sur nous. Vous savez peut être qu’il y a un secteur du commerce qui ne connaît pas la crise : les magasins de bricolage. Hé, oui : la préoccupation n°1 du français est de se faire un cocon douillet ! Bien sûr, on peut comprendre qu’un intérieur à son goût soit justifié. Mais pas pour s’y enfermer. Hier soir, nous étions quelques malouins et paroissiens à la cathédrale de Dol de Bretagne pour la veillée de prière pour la vie. Nous y avons eu froid. Mais pour ceux qui le pouvaient, je crois que cela valait le coup de sortir de chez soi. Une fois encore, entendons, frères et sœurs, les conseils de Jésus lui-même en ce début d’Avent :

- redressez-vous et relevez la tête
- tenez-vous sur vos gardes
- restez éveillés
- et priez en tout temps.
« Ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui va arriver et de paraître debout devant le Fils de l’Homme ».

Comme l’écrit Saint Paul aux chrétiens de Thessalonique, « frères que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes un amour de plus en plus intense et débordant ». Oui durant ce temps de l’Avent, laissons déborder notre amour car c’est à  l‘amour que nous aurons les uns pour les autres que l’on nous reconnaitra… et c’est sur l’amour que nous serons jugés. « Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Christ Jésus. »

Amen !

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