mardi 28 février 2017

Bien des soucis !

8e Dimanche du Temps Ordinaire-A
 Homélie

Frères et Sœurs,

Avez-vous bien entendu le conseil de Jésus : « ne vous faites pas tant de souci pour votre nourriture et vos vêtements » ?  « Qui peut, en se faisant du souci, allonger de quelques jours, même de quelques heures, sa vie ? » demande Jésus. Personne. Et pourtant, qui ne se fait pas du souci ? Un peu ou beaucoup de souci pour finir son mois, pour pouvoir acheter tel ou tel bien si important ou tout simplement si beau !  « Ne vous faites donc pas de souci » répond Jésus « Dieu, votre Père céleste, s’occupe de vous ». Non seulement Il s’occupe de vous car Il vous nourrit mieux que les oiseaux du ciel, vous habille mieux que les lys des champs, mais « même si une mère pouvait oublier son nourrisson, Dieu ne lui ne vous oubliera pas », rappelle Isaïe. Et le psalmiste enfonce le clou : « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon rocher, ma forteresse, mon refuge, ma citadelle « inébranlable ». « Comptez donc sur lui en tout temps », conclut l’auteur biblique.

Compter sur Dieu : voilà une bonne question !
Est-ce qu’il m’arrive vraiment de compter sur Dieu ? Concrètement. Pas simplement en pensée. Est-ce qu’il m’arrive de me reposer sur Lui ? Concrètement. De Lui faire confiance jusqu’à s’occuper de mes affaires quotidiennes ? concrètes ?

Un père de famille me racontait récemment comment il s’est installé à St. Malo alors que rien ne le laissait prévoir : une opportunité de travail, une maison comme il fallait. « Vraiment, disait-il, on a eu de la chance ! »  Je me suis permis alors de dire que c’était peut-être la Providence aussi. Et il a tout de suite repris la balle au bond. « Ah, oui, c’est vrai !  C’est vraiment l’œuvre de la Providence de Dieu tout ça ! »  Elle passe parfois par des messagers, des relais comme celui de St. Joseph.  Une autre famille a écrit une lettre à St. Joseph… et tout lui a été donné. Je pense aussi aux filles de Sainte Jeanne Jugan, aux Petites Sœurs des Pauvres qui remettent tout à la Providence pour ce qui est de la gestion de leurs maisons. Et celle-ci est généreuse : j’en suis le témoin. Je pourrai ainsi développer de multiples exemples. 

Comme l’évoque Saint Paul, il s’agit donc pour nous d’être de bons intendants de cette Providence. Savez-vous la différence entre un intendant et un comptable ? Tous les deux s’occupent de la gestion matérielle. Mais le comptable compte ce qui rentre et ce qui sort. L’intendant lui, il gère : il répartit les ressources équitablement et selon les besoins.  « Ce que l’on demande aux intendants c’est d’être trouvés dignes de confiance ».

Nous sommes invités à être de bons intendants des dons de Dieu.  Comment ?

1.    Savoir reconnaître que tout ce que nous avons vient aussi de Dieu. Peut-être le fruit de notre travail … mais aussi le don de Dieu.  C’est ainsi le sens de la bénédiction de la table avant le repas. Quelques secondes pour rappeler que ces légumes qui font notre soupe, même s’ils ont été achetés au marché (ou chez Robin !), ils sont fruits de la terre et du travail des hommes… Et dons de Dieu. Si nous savons demander, sachons aussi rendre grâce, bénir, dire merci au Seigneur.

2.   Bien utiliser ce que nous avons déjà… avant d’en vouloir toujours plus.  Ne nous faisons pas d’illusion, nous sommes les petits soldats de la société de                              consommation.  Au fil des années, elle influence de plus en plus nos esprits.  J’entends encore Saint Jean Paul II, s’exclamer de sa voix rocailleuse à Paris, au Bourget, en 1980 : « la société de consommation n’est pas bonne pour l’homme ».  Il voyait combien ces influences pouvaient modifier notre comportement, et le « toujours plus » engendrer en nous tant de souci.

Mais 1980 est loin et nous sommes déjà à une nouvelle étape. Nous entendons quelques voix prophétiques prôner « la sobriété heureuse ».  Le Pape François l’évoque aussi à sa manière dans l’encyclique Laudato Si avec ce danger que nous ne puissions plus nous émerveiller des oiseaux du ciel et des lys des champs, comme nous y invite Jésus.  

Cette bonne et saine gestion des biens doit se vivre aussi dans l’Eglise. Ainsi, comme curé, je dois veiller à une bonne utilisation des biens qui me sont confiés. Rien ne m’appartient, tout est reçu de vos dons - pas de subvention, d’où l’appel au denier ou un nouveau moyen de faire la quête.  Et, en même temps, j’ai une infinie confiance en la générosité de Dieu qui veille à son Eglise et lui donne ce dont elle a besoin. Je me permets d’ailleurs de dire que nous avons en France une certaine chance d’être une Eglise qui est assez libre car ni très pauvre, ni très riche non plus.

Finalement, à travers cet exemple de nos biens, Jésus veut nous aider à discerner sa présence fidèle et à vivre dans l’infinie confiance … car il est notre Père. Comme l’a si bien écrit Charles de Foucauld :

Mon Père,

Je m’abandonne à Toi.
Fais de moi ce qu’il Te plaira.
Quoique Tu fasses de moi, je Te remercie.
Je suis prêt à tout.  J’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
En toutes tes créatures.

Je ne désire rien d’autre, mon Dieu !
Je remets mon âme entre tes mains.
Je Te la donne, mon Dieu,
Avec tout l’amour de mon cœur,
Parce que je t’aime
Et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure
avec une infinie confiance.

Car Tu es mon Père.











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