lundi 6 janvier 2014

A genoux devant Dieu.

Homélie Epiphanie 2014

Frères et Sœurs,

A entendre le récit de l’Evangile de ce matin avec ces rois-mages venus d’Orient qui viennent visiter un enfant dans une crèche guidés par une étoile apportant de riches présents : myrrhe, encens ou or, nous avons presque l’impression de nous trouver dans l’univers d’un conte pour enfants… un autre conte des milles et une nuit ? Et si on y rajoute la tradition remontant à l’empire romain de la galette des rois, tout y est pour prendre tout cela pour une histoire d’enfants, de celle que l’on aime raconter pour les endormir après ces journées d’excitation des fêtes de fin d’année.

Mais ne nous y trompons pas. Nous ne sommes pas ici dans un conte. L’Evangéliste n’a pas voulu ni nous endormir, ni nous attendrir avec ces mages. Nous ne sommes pas dans l’imaginaire. Au contraire. Jésus dans la crèche, venu du côté de Dieu, s’est fait homme, s’est fait petit enfant. C’est une réalité. C’est un fait historique, aussi troublant soit-il. Et c’est bien ce que ces mages viennent constater. En Jésus, Dieu se révèle dans l’histoire des hommes et du monde. L’image de la crèche peut être charmante, elle n’en est pas moins vraie.

Cependant, ce matin, l’invitation qui nous est faite est peut être d’oser retrouver notre cœur d’enfant. D’oser nous émerveiller comme un enfant devant la crèche. C’est Jésus qui le dit « laissez venir à moi les enfants car le Royaume des cieux leur ressemble. ». Et si devant la crèche, nous retrouvions notre simplicité d’enfant. Ici à l’église, chez nous à la maison, se mettre devant la crèche et s’émerveiller, contempler ce que nous voyons, dans le silence. « Regarde, écrit Isaïe, regarde l'obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. »

Comme les mages. « Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. » Dans ces exercices spirituels, Saint Ignace, recommande au retraitant de « s’immerger » dans la scène d’Evangile qu’il médite. Ainsi nous aussi, nous pourrions prendre la place d’un mage : Melchior, Balthazar ou Gaspard. Et avec la simplicité dont cela nous est raconté dans l’Evangile : tomber à genoux, se prosterner devant l’Enfant (remarquer que rien d’autre n’est précisé par Matthieu). Et si nous osions, nous mettre à genoux devant Jésus, devant notre Dieu. Ce n’est un signe de soumission servile. Ici ce sont des rois, donc des maitres qui s’abaissent devant celui qu’ils reconnaissent plus grands qu’eux. Ce que sera incapable de faire Hérode, tellement imbu de lui-même et de sa supériorité. Voilà ce que peuvent déjà nous apprendre ces mages : à nous mettre à genoux devant Dieu.

Aujourd’hui, on n’a l’impression que c’est ringard de s’agenouiller… Mais surtout n’est-ce pas parce que notre cœur n’ose refaire le geste des rois mages ? Je peux le dire très facilement car je l’ai appris en arrivant au Séminaire. Les séminaristes s’agenouillaient en entrant dans la chapelle. Moi, je n’avais pas appris le sens de ce geste. Alors de toute ma fierté, je me suis dit : jamais… Heureusement, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Depuis j’ai appris… Maintenant j’aime prier à genoux.

Nous avons un corps. Or différentes attitudes sont possibles pour prier. On peut être debout : signe du chrétien vivant devant son Dieu. Mais aussi à genoux parfois. Nos attitudes disent quelque chose de nous-mêmes.

Avec les mages, nous ré-apprenons à nous mettre à genoux devant ce que Saint Paul appelle « le mystère du Christ. » devant l’Enfant Dieu, que nous voulons recevoir et accueillir dans nos vies.

Le Pape François, dans chacune de ces interventions le rappelle. Il nous recentre sur la rencontre du Christ, ce qui est l’essentiel d’une vie chrétienne.

Mais ces mages nous apprennent une autre chose : ils viennent de loin, d’autres pays… On aime évoquer qu’ils sont venus d’autres continents ; présentant l’hommage de tous les peuples à Dieu. Ils nous disent l’universalité de la foi. Pour tous les hommes et les femmes de ce monde. Devant Jésus Christ, « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. » écrit encore Saint Paul.
Aujourd’hui, nous sommes invités à unir notre prière à celle des peuples du monde, du monde entier et particulièrement des Eglises d’Afrique.

Avec les mages, osons nous prosternez devant Jésus le Christ. Présentons le meilleur de ce que nous sommes. Demandons-lui de faire de nous de beaux présents pour nos frères et sœurs les hommes qui attendent cette bonne nouvelle d’un Dieu qui les aime.

Amen !


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